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AnalyseÉquipe de France

AKLIOUCHE EN BLEU : QUAND LE PSG RESTE LE PSG, MÊME DANS LA DOULEUR

Zaïre-Emery forfait, Akliouche appelé : le PSG continue de nourrir les Bleus à la chaîne. Mais ce remplacement poste pour poste qui n'en est pas un pose des questions sur la profondeur réelle du groupe France.

Par Lavar21 SEPT. 20264 min de lectureD'après Get French Football News

Warren Zaïre-Emery forfait, Maghnes Akliouche appelé en renfort. Le pipeline parisien continue d'alimenter l'équipe de France avec une régularité presque industrielle. Mais derrière ce simple remplacement poste pour poste se cachent des questions plus profondes sur la hiérarchie en sélection et la place grandissante du PSG dans le projet de Didier Deschamps — ou de son successeur.

Les faits

La Fédération française de football a officialisé ce dimanche l'appel de Maghnes Akliouche (24 ans) pour remplacer Warren Zaïre-Emery (20 ans), son coéquipier au Paris Saint-Germain, dans le groupe de l'équipe de France. Le motif exact du forfait de Zaïre-Emery n'a pas été précisé dans le communiqué fédéral, mais la mécanique est connue : un Parisien tombe, un autre Parisien prend sa place.

Akliouche, repositionné ces dernières saisons dans un rôle plus offensif au PSG, retrouve donc les Bleus dans un contexte de rassemblement où chaque convocation compte pour la suite du cycle international. À 24 ans, l'ancien Monégasque — on l'oublie parfois — est dans la pleine force de l'âge et cherche à s'installer durablement dans la rotation tricolore.

Notre lecture

Il y a quelque chose de fascinant dans la capacité du PSG à fournir des remplaçants au sélectionneur comme on changerait une cartouche d'encre. Zaïre-Emery out, Akliouche in. Pas de panique, pas de remue-ménage : le club de la capitale a bâti un vivier tel que la FFF peut piocher dedans les yeux fermés. C'est à la fois un signe de puissance et, paradoxalement, un motif d'interrogation.

Le PSG est devenu la réserve naturelle des Bleus. La question, c'est de savoir si c'est une force ou une dépendance.

Parlons d'Akliouche. Le garçon a fait du chemin depuis ses débuts à Monaco. Son transfert au PSG lui a offert une vitrine incomparable, mais aussi une concurrence féroce au quotidien. En sélection, il n'a jamais vraiment eu la possibilité de s'imposer sur la durée, toujours appelé en pointillé, souvent comme solution de secours. Ce n'est pas forcément un hasard : quand vous êtes le plan B perpétuel, il est difficile de construire des automatismes et de montrer l'étendue de votre palette.

Ce qui intrigue davantage, c'est le cas Zaïre-Emery. À seulement 20 ans, le milieu de terrain est déjà un cadre identifié du groupe France. Son absence, quelle qu'en soit la cause, pose un vrai problème de construction de jeu. Parce qu'Akliouche, aussi talentueux soit-il, n'est pas le même profil. On passe d'un milieu de terrain complet, capable de dicter le tempo et de gratter des ballons, à un attaquant virevoltant dont les qualités sont avant tout dans le dernier tiers du terrain. Le sélectionneur devra donc ajuster, bricoler, ou simplement accepter que ce remplacement modifie l'équilibre de son groupe.

Et c'est là que réside le vrai sujet : la profondeur de banc des Bleus est-elle aussi solide qu'on le croit ? Quand un forfait au milieu de terrain est compensé par un joueur offensif, cela signifie soit que le staff a un plan tactique précis en tête, soit que les alternatives au poste sont plus minces qu'on ne l'imagine. Dans les deux cas, cela mérite d'être surveillé de près.

Ce qu'il faut surveiller

D'abord, la nature exacte du forfait de Zaïre-Emery. Si c'est une simple gêne musculaire gérée avec précaution, il n'y a pas lieu de s'alarmer. Si c'est quelque chose de plus sérieux, le PSG et l'équipe de France pourraient avoir un problème commun à gérer dans les semaines à venir.

Ensuite, le temps de jeu qu'obtiendra Akliouche lors de ce rassemblement. Une entrée de dix minutes en fin de match ne changera rien à sa trajectoire internationale. Une titularisation, en revanche, pourrait rebattre les cartes et lui offrir enfin l'opportunité de prouver qu'il vaut mieux qu'un rôle de doublure de luxe.

Enfin, et c'est peut-être le plus important à moyen terme : la gestion du capital physique des joueurs du PSG en sélection. Le club parisien fournit un contingent considérable aux Bleus, et chaque blessure en rassemblement ravive les tensions entre club et sélection. On connaît la chanson, elle se rejoue à chaque trêve internationale. Mais avec un effectif parisien aussi sollicité, la moindre tuile peut devenir un casus belli.

En attendant, bienvenue à Clairefontaine, Maghnes. Le maillot bleu n'attend pas — même quand il arrive par la petite porte.

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