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AnalyseNasser al-Khelaïfi

AL-KHELAÏFI À LA FIFA : LE COUP DE MAÎTRE QUE PERSONNE N'A VU VENIR

Des manœuvres en coulisses visent à installer Nasser al-Khelaïfi à la présidence de la FIFA. Un projet qui révèle l'ambition ultime du Qatar dans le football mondial.

Par Lavar14 JUIL. 20264 min de lectureD'après Foot Mercato

Alors que Gianni Infantino semblait indéboulonnable à la tête de la FIFA, des manœuvres en coulisses visent à propulser le président du PSG au sommet du football mondial. Un projet titanesque qui en dit long sur l'appétit politique du Qatar et la recomposition du pouvoir dans le sport roi.

Les faits

L'information circule depuis quelques jours dans les cercles du pouvoir footballistique international : Nasser al-Khelaïfi fait l'objet d'un lobbying intense pour devenir le prochain président de la FIFA. Derrière cette offensive, des réseaux d'influence qui s'activent méthodiquement, loin des projecteurs, pour préparer le terrain à une candidature qui ferait trembler l'institution zurichoise.

Le patron du Paris Saint-Germain n'est évidemment pas un novice des arcanes du pouvoir sportif mondial. Président de beIN Media Group, figure centrale de l'European Club Association (ECA) et proche des instances les plus influentes du sport business, al-Khelaïfi a patiemment construit un réseau tentaculaire qui dépasse largement les frontières du Parc des Princes. Sa surface politique est aujourd'hui considérable, et c'est précisément cette envergure qui nourrit le projet.

Le timing n'est pas anodin. À l'heure où la FIFA d'Infantino accumule les controverses — Coupe du Monde des clubs format XXL, gestion contestée du calendrier international, tensions avec les ligues européennes — un espace politique s'ouvre pour une figure capable de fédérer plusieurs blocs d'influence.

Notre lecture

Soyons clairs : voir Nasser al-Khelaïfi briguer la présidence de la FIFA n'a rien d'une lubie de midsommar. C'est au contraire l'aboutissement logique d'une stratégie qatarie dans le sport qui ne connaît pas de plafond.

Le Qatar ne veut plus simplement acheter des clubs ou organiser des Coupes du Monde. Il veut écrire les règles du jeu.

Depuis l'arrivée de QSI au PSG en 2011, le projet qatari dans le football n'a cessé de monter en gamme. D'abord les joueurs stars, puis les infrastructures, ensuite les droits TV via beIN, et enfin la politique sportive pure via l'ECA. La présidence de la FIFA serait la dernière marche, celle qui transforme un investisseur en architecte du football mondial.

Ce qui rend cette candidature potentielle crédible, c'est qu'al-Khelaïfi dispose d'un atout que peu de candidats possèdent : il parle aux clubs. Et dans le football contemporain, le vrai pouvoir est là — pas dans les fédérations nationales poussiéreuses, mais dans les entités économiques qui génèrent la valeur. Son rôle à la tête de l'ECA lui a permis de tisser des alliances avec les plus grands clubs européens, ceux-là mêmes qui tiennent le football en otage à chaque négociation sur le calendrier ou les compétitions.

Mais il faut aussi poser les questions qui fâchent. Peut-on sérieusement diriger la FIFA tout en restant président d'un club ? La question du conflit d'intérêts sera nucléaire. Al-Khelaïfi devrait vraisemblablement lâcher le PSG, ou au minimum ses fonctions à l'ECA, pour que sa candidature soit ne serait-ce qu'audible. Et là, le calcul devient plus complexe : est-il prêt à abandonner son empire parisien pour un fauteuil à Zurich ?

Il y a aussi l'éléphant dans la pièce : la dimension géopolitique. Après la Coupe du Monde 2022, le Qatar à la tête de la FIFA, ce serait pour beaucoup d'observateurs une concentration de pouvoir difficilement acceptable. Les critiques sur le sportswashing reprendraient de plus belle, et les fédérations sud-américaines et africaines — traditionnellement courtisées par Infantino — ne se laisseront pas séduire sans contreparties massives.

Ce qu'il faut surveiller

Le calendrier politique de la FIFA est la première variable. Le mandat d'Infantino court, et tant qu'il ne signale pas son départ, toute candidature reste en embuscade. Mais les signaux envoyés en coulisses suggèrent que certains acteurs préparent déjà l'après-Infantino, avec ou sans son consentement.

Il faudra observer les mouvements d'al-Khelaïfi au sein de l'ECA et de beIN dans les mois à venir. Toute réorganisation de ses fonctions ou délégation de pouvoir au PSG serait un indice fort. De même, ses prises de position publiques sur la gouvernance du football mondial méritent d'être scrutées : s'il commence à parler comme un candidat, c'est qu'il en est un.

Enfin, l'attitude des blocs de vote sera déterminante. La FIFA, c'est 211 fédérations membres où chaque voix compte autant, du Brésil aux Îles Féroé. Le nerf de la guerre, c'est le continent africain et ses 54 voix. Celui qui verrouille l'Afrique verrouille l'élection. Et sur ce terrain, al-Khelaïfi part avec un handicap : il n'a pas l'historique d'Infantino sur le continent. Mais il a autre chose — les moyens de combler ce retard très vite.

Le football mondial est peut-être à l'aube d'un basculement. Reste à savoir si NAK est prêt à tout miser sur ce pari.

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