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AnalyseOM

BENATIA CLAQUE LA PORTE DE L'OM ET ALLUME UNE DERNIÈRE SALVE SUR SES JOUEURS

Medhi Benatia a quitté ses fonctions de directeur sportif de l'OM en allumant une dernière fois le vestiaire après OM-Rennes. Un départ fracassant qui interroge autant sur le niveau des joueurs que sur l'héritage du dirigeant.

Par Lavar18 MAI 20264 min de lectureSource · rss.app

Dernier match, dernière prise de parole, dernière charge. Medhi Benatia a fait ses adieux au poste de directeur sportif de l'OM comme il a vécu chacun de ses jours au club : en ne mâchant rien. Après OM-Rennes dimanche soir, l'ancien défenseur international a livré ce qui ressemble à un réquisitoire d'adieu contre le vestiaire marseillais. Du Benatia pur jus, brut et sans filtre.

Les faits

Medhi Benatia s'est exprimé publiquement après OM-Rennes, dimanche soir, pour ce qui constitue sa dernière sortie médiatique en tant que directeur sportif de l'Olympique de Marseille. Une prise de parole qui a pris des allures de mise au point virulente, l'ancien patron du recrutement marseillais n'hésitant pas à viser frontalement les joueurs du club dans ses propos. Fidèle à une ligne de communication qu'il a maintenue tout au long de son passage au sein de l'organigramme phocéen, Benatia a une nouvelle fois pointé du doigt les insuffisances et le manque d'engagement de certains éléments du vestiaire.

Ce départ acte la fin d'un chapitre agité pour le dirigeant franco-marocain, dont le passage à l'OM aura été ponctué de sorties fracassantes, de tensions avec les joueurs, et d'un rapport de force permanent entre la direction sportive et l'effectif. Le mot "fracasse" n'est pas une exagération journalistique — c'est une méthode Benatia.

Notre lecture

On peut trouver ça courageux. On peut trouver ça contre-productif. Mais on ne peut pas dire que Benatia aura manqué de cohérence. Du premier jour au dernier, le mec a tenu la même ligne : à l'OM, trop de joueurs ne sont pas au niveau de ce que le maillot exige. Et cette dernière salve, au moment de rendre les clés du bureau, a quelque chose de révélateur — presque symptomatique — de ce qu'est devenu le club ces dernières années.

Parce que le problème, au fond, ce n'est pas qu'un directeur sportif critique ses joueurs. Le problème, c'est que personne ne semble surpris. On est à l'OM, institution passionnelle, et pourtant chaque sortie de Benatia est accueillie avec un mélange de résignation et de "il n'a pas tort". Ce qui en dit long sur la perception du vestiaire par les observateurs, les supporters, et visiblement par la direction elle-même.

Un directeur sportif qui part en allumant ses propres recrues, c'est soit un aveu d'échec, soit un acte de lucidité brutale. Avec Benatia, c'est probablement les deux.

Car il faut aussi retourner le miroir. Si les joueurs ne sont pas au niveau, c'est aussi parce que le recrutement n'a pas été irréprochable. Benatia, en tant que directeur sportif, portait une responsabilité directe dans la constitution de cet effectif. Pointer les limites des hommes qu'on a soi-même contribué à faire venir, c'est un exercice intellectuellement audacieux — pour rester poli. Cela ne veut pas dire que le diagnostic est faux. Mais il faut avoir l'honnêteté de noter que le procureur était aussi, en partie, l'architecte du problème.

Ce qui reste fascinant avec Benatia, c'est cette capacité à incarner une figure d'autorité dans un vestiaire qui en manque cruellement. L'OM, depuis des années, cherche un patron. Le paradoxe, c'est que ce patron se trouvait dans les bureaux et non sur le terrain. Et c'est peut-être ça, le vrai constat d'échec de cette ère : un club où le directeur sportif fait plus de bruit que les joueurs censés porter le maillot chaque week-end.

Ce qu'il faut surveiller

La succession de Benatia est désormais le dossier brûlant du printemps marseillais. Qui va reprendre les commandes du sportif ? Quel profil la direction McCourt va-t-elle cibler — un diplomate pour calmer les eaux, ou un autre caractère fort pour maintenir la pression sur un vestiaire visiblement en manque de repères ?

Il faudra aussi observer la réaction des joueurs, maintenant que leur principal contradicteur interne a quitté la scène. Certains se sentiront libérés, d'autres n'en auront rien à faire — et c'est peut-être ces derniers qui posent le plus gros problème. Un vestiaire qui ne réagit pas quand on le secoue, c'est un vestiaire qui a un souci bien plus profond que la simple gestion sportive.

Enfin, le mercato estival qui s'annonce sera le premier vrai test post-Benatia. L'OM devra non seulement recruter mieux, mais recruter différemment : des joueurs qui n'ont pas besoin qu'on les "fracasse" publiquement pour montrer de l'envie. À Marseille, on ne demande pas le talent du siècle — on demande que les mecs courent. Et le fait qu'un directeur sportif doive encore le rappeler en partant en dit assez long sur l'état des lieux.

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