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Coupe du Monde 2026FIFA

CEFERIN, AL-KHELAÏFI ET LE PATRON DU FOOT AFRICAIN : LE DÉJEUNER QUI PRÉPARE L'APRÈS-INFANTINO

Ceferin, Al-Khelaïfi et le patron du foot africain se sont retrouvés en marge de la Supercoupe d'Europe pour un déjeuner qui sent la conjuration politique. L'après-Infantino se prépare, et les alliances se dessinent.

Par Lavar13 AOÛT 20264 min de lectureD'après RMC Sport

En marge de la Supercoupe d'Europe, un repas entre trois des hommes les plus influents du football mondial a fait bruisser les couloirs du pouvoir. Quand Aleksander Ceferin, Nasser Al-Khelaïfi et le président de la confédération africaine se retrouvent à la même table, ce n'est jamais pour parler météo. Le sujet du jour : la crise à la FIFA et, surtout, ce qui vient après Gianni Infantino.

Les faits

Le contexte est simple mais lourd de sens. En marge de la Supercoupe d'Europe, le président de l'UEFA Aleksander Ceferin et le patron de l'ECA Nasser Al-Khelaïfi se sont retrouvés autour d'un déjeuner, avec un invité de marque : le président de la Confédération africaine de football (CAF). Un trio qui n'a rien d'anodin, tant les lignes de fracture au sein de la FIFA n'ont jamais été aussi visibles.

Si aucune déclaration officielle n'a filtré de cette rencontre, le timing et la composition de la tablée parlent d'eux-mêmes. La FIFA traverse une période de tensions internes croissantes, et la question d'une succession à Gianni Infantino — longtemps taboue — commence à s'inviter dans les conversations des décideurs du football mondial. Ce déjeuner en est la preuve la plus tangible.

La présence du dirigeant de la CAF est particulièrement significative. L'Afrique, avec ses 54 fédérations, représente le plus gros bloc de votes au sein de la FIFA. Quiconque veut peser dans une élection à la présidence de l'instance mondiale sait qu'il faut d'abord parler à ce continent-là.

Notre lecture

Soyons clairs : ce déjeuner ressemble furieusement à un conseil de guerre. Pas celui qu'on mène en catastrophe, non — celui qu'on prépare méthodiquement, nappe blanche et couteaux bien aiguisés sous la table.

Ceferin et Al-Khelaïfi forment depuis des années un axe de pouvoir parallèle à celui de Zurich. Le premier a consolidé l'UEFA comme un contre-pouvoir réel face à la FIFA. Le second, à la tête du PSG et de l'ECA, incarne le poids économique colossal des clubs européens. Ensemble, ils ont déjà remporté la bataille contre la Super League dans sa forme originelle. Maintenant, il semble que leur ambition ait grandi d'un cran.

Quand l'Europe et l'Afrique s'assoient à la même table pour discuter de l'avenir de la FIFA, ce n'est plus une rumeur — c'est un projet politique.

Ce qui frappe ici, c'est la méthode. On ne claque pas la porte, on ne publie pas de communiqué incendiaire. On déjeune, on tisse des alliances, on sonde le terrain. C'est du Ceferin pur jus : l'homme est un politique avant d'être un dirigeant sportif. Il sait que renverser Infantino — ou simplement préparer le terrain pour l'après — nécessite une coalition, pas un putsch.

Et c'est là que la présence du président de la CAF prend toute sa dimension. L'Afrique est la clé de toute élection à la FIFA, et Infantino l'a parfaitement compris depuis 2016, en courtisant sans relâche les fédérations du continent. Si ses adversaires parviennent à fissurer ce socle électoral, l'édifice Infantino devient soudainement vulnérable.

Quant à Al-Khelaïfi, sa présence rappelle une réalité souvent sous-estimée : les clubs financent l'écosystème, et ceux qui paient veulent avoir leur mot à dire sur qui tient la caisse. Le patron du PSG ne brigue sans doute pas la présidence lui-même, mais il entend bien peser sur le choix du prochain occupant du fauteuil de Zurich. Son influence financière et médiatique en fait un faiseur de roi redoutable.

Ce qu'il faut surveiller

Premier signal à guetter : la multiplication de ces rencontres informelles. Si Ceferin et Al-Khelaïfi élargissent leur cercle de discussion à d'autres confédérations — l'Amérique du Sud, l'Asie — on passera du stade de la manœuvre exploratoire à celui de la candidature structurée.

Deuxième point crucial : la réaction d'Infantino. Le président de la FIFA n'est pas homme à rester passif. Il dispose encore de leviers considérables — financiers, institutionnels, relationnels. Sa capacité à maintenir l'Afrique dans son giron sera déterminante. Toute tentative de déstabilisation sera contrée, et probablement pas en douceur.

Enfin, la question du candidat reste entière. Ceferin lui-même ? Un profil africain adoubé par l'axe UEFA-ECA ? Un outsider consensuel ? Le nom compte moins, pour l'instant, que la dynamique. Et cette dynamique, après ce déjeuner, semble bel et bien enclenchée.

Le football mondial vit peut-être ses derniers mois sous l'ère Infantino. Pas parce qu'il est fini, mais parce que ceux qui veulent lui succéder ont visiblement décidé de passer à table — au sens propre comme au figuré.

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