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AnalyseZinedine Zidane

GENESIO ADOUBE ZIDANE EN BLEUS : QUAND L'OM VALIDE LE CHOIX DE LA FFF

Bruno Genesio affiche un soutien sans réserve à Zidane sélectionneur. Un consensus qui en dit long sur les attentes — et les pièges — qui attendent Zizou sur le banc des Bleus.

Par Lavar28 JUIL. 20264 min de lectureD'après Get French Football News

En pleine préparation estivale avec l'Olympique de Marseille, Bruno Genesio a pris le temps de commenter l'arrivée de Zinedine Zidane à la tête de l'équipe de France. Un soutien appuyé, loin d'être anodin, qui en dit long sur l'aura intacte de Zizou dans le football français — et sur les attentes colossales qui l'accompagnent.

Les faits

C'est lors d'un point presse lié à la pré-saison marseillaise que Bruno Genesio s'est exprimé sur le retour de Zinedine Zidane dans le paysage footballistique français, cette fois sur le banc de la sélection nationale. L'entraîneur de l'OM a affiché un soutien clair à la nomination de Zidane, estimant que l'ancien numéro 10 est l'homme de la situation pour maintenir la France au plus haut niveau.

Genesio, qui connaît les exigences du haut niveau français pour avoir dirigé Lyon en Ligue des champions puis repris les rênes d'un projet marseillais ambitieux, n'a pas fait dans la langue de bois. Le message est limpide : Zidane a la stature, la légitimité et le palmarès pour porter les Bleus.

Notre lecture

Qu'un entraîneur de Ligue 1 salue publiquement la nomination du sélectionneur, ça peut ressembler à de la politesse institutionnelle. Sauf que dans le cas présent, le geste a une portée différente. Genesio n'est pas un béni-oui-oui. C'est un technicien qui a dû se battre pour sa crédibilité à chaque étape de sa carrière — à Lyon d'abord, où une partie du public ne voulait pas de lui, puis à Rennes, et maintenant à Marseille où la pression est permanente. Quand il valide un choix, ce n'est pas par courtoisie.

Ce qui est intéressant, c'est ce que cette déclaration révèle du climat général autour de Zidane. Depuis l'annonce de sa prise de fonction, le consensus est quasi unanime dans le football français. Joueurs, consultants, entraîneurs : tout le monde semble aligné. Et c'est précisément là que réside le piège.

Quand tout le monde est d'accord avant que le ballon ne roule, c'est que les attentes sont déjà démesurées.

Car soyons lucides : Zidane hérite d'une équipe de France qui reste l'une des plus talentueuses du monde, mais dont les dernières sorties en compétition ont laissé un goût d'inachevé. Le talent individuel est là, la profondeur de banc aussi. Ce qui manquait, c'était peut-être une identité de jeu claire, un souffle, une incarnation. Zidane coche ces cases sur le papier. Mais le passage du Real Madrid — où les meilleurs joueurs du monde étaient déjà dans le vestiaire — à une sélection nationale avec ses contraintes de calendrier, de rassemblements courts et de gestion des égos à distance, c'est un tout autre exercice.

Genesio, en tant que praticien du quotidien en club, le sait mieux que quiconque. Gérer des internationaux au jour le jour, ce n'est pas la même chose que les récupérer trois fois par an. Son soutien n'en est que plus significatif : il croit visiblement que l'aura de Zidane suffira à transcender ces obstacles logistiques et tactiques.

Et puis il y a la dimension symbolique. Un entraîneur de l'OM qui soutient un ancien joueur... de l'OM, justement, avant d'être celui de la Juve et du Real. À Marseille, Zidane reste un fils du pays. Ce n'est pas un détail dans une ville où le football est une religion et où le Vélodrome vibre encore à l'évocation de son nom.

Ce qu'il faut surveiller

La vraie question désormais, c'est celle de la première liste et du premier match compétitif. Le discours unanimiste autour de Zidane tiendra-t-il face aux premiers choix clivants ? Un joueur de l'OM écarté, un Parisien titularisé à sa place — et le bel édifice consensuel pourrait se fissurer.

Il faudra aussi observer la relation entre Zidane et les entraîneurs de Ligue 1 au fil de la saison. Les déclarations de Genesio posent un précédent positif, mais quand les blessures en sélection commenceront à impacter les clubs, le ton changera inévitablement. C'est le cycle éternel club-sélection.

Enfin, l'enjeu stratégique : Zidane va-t-il imposer un système identifiable rapidement ? Au Real, il avait su trouver l'équilibre entre pragmatisme et talent pur. Avec les Bleus, la matière première ne manque pas. Reste à savoir s'il saura sculpter un collectif en si peu de temps de travail. L'unanimité d'aujourd'hui ne lui laissera aucune marge d'erreur demain.

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