À 39 ans, Olivier Giroud est revenu en Ligue 1 par la porte lilloise, libre et sans rien à prouver — sauf peut-être qu'il n'a pas encore dit son dernier mot. Alors que son contrat au LOSC touche à sa fin, l'hypothèse d'une prolongation s'invite dans le débat. Entre romantisme footballistique et calcul sportif, l'idée mérite qu'on s'y arrête.
Les faits
Olivier Giroud, meilleur buteur de l'histoire de l'équipe de France, avait fait le choix de revenir dans l'Hexagone en début de saison, s'engageant libre avec le Lille OSC. Un retour au bercail — ou presque — pour celui qui avait quitté la Ligue 1 en 2012, direction Arsenal, avant de tracer une route dorée entre Chelsea, l'AC Milan et un palmarès qui donne le tournis.
Sauf que le temps fait son œuvre. À 39 ans, la question de la suite se pose mécaniquement : son contrat expire à la fin de cette saison, et rien n'est encore acté pour la suite. L'option d'une prolongation n'est toutefois pas écartée, bien au contraire. Le "pourquoi pas" qui circule dans l'entourage du dossier en dit long : on n'est pas dans le registre de la porte fermée.
Notre lecture
Soyons honnêtes : quand Giroud a signé à Lille l'été dernier, une partie du football français a levé un sourcil. Le LOSC comme maison de retraite dorée ? L'idée était réductrice, mais pas totalement infondée. Et pourtant, il y a quelque chose de fascinant dans la trajectoire de ce joueur qui refuse obstinément de se conformer aux scénarios qu'on écrit pour lui.
Giroud, c'est l'anti-héros du football moderne. Pas le plus rapide, pas le plus spectaculaire, jamais vraiment la première option de personne — et pourtant toujours là, toujours debout, toujours utile. Il a passé sa carrière à être sous-estimé, moqué parfois, et à répondre par des buts, des titres et ce record en Bleu que personne ne lui enlèvera.
Giroud ne meurt jamais. Il prolonge.
Ce qui rend l'hypothèse d'une prolongation lilloise intéressante, c'est qu'elle pose une question de fond : qu'est-ce qu'un club comme Lille a à gagner à conserver un attaquant de bientôt 40 ans ? La réponse est multiple. D'abord, l'expérience dans un vestiaire. Giroud a joué des finales de Coupe du monde, de Ligue des champions, d'Europa League. Ce type de vécu ne se trouve pas sur le marché des transferts. Ensuite, sa présence médiatique, qui ne nuit jamais à un club ambitieux mais pas toujours sous les projecteurs. Enfin, il y a le terrain : si le corps suit, Giroud reste un pivot capable de peser sur les défenses de Ligue 1, où les profils de renard des surfaces se font rares.
Évidemment, il y a le revers de la médaille. Le physique à cet âge-là, c'est un bail précaire. Un pépin musculaire, une accumulation de matches, et le rendement peut chuter brutalement. Le LOSC doit faire un calcul froid : le Giroud de la saison écoulée justifie-t-il une année de plus ? Ou faut-il tourner la page et investir dans un profil plus jeune, plus durable ?
Notre avis ? Si Giroud accepte un rôle de rotation assumé, avec un salaire adapté, l'opération reste intelligente. Le LOSC ne prend aucun risque financier démesuré, et il conserve un joueur qui peut débloquer des situations de néant. En revanche, si c'est pour en faire un titulaire indiscutable sur 38 journées, on bascule dans le pari.
Ce qu'il faut surveiller
Plusieurs paramètres vont déterminer la suite. Le premier, c'est le bilan sportif de Lille en fin de saison. Si le club termine sur une dynamique positive, la direction sera plus encline à miser sur la continuité — et donc à prolonger Giroud. En revanche, une fin de saison décevante pourrait accélérer un renouvellement de l'effectif.
Le second facteur, c'est Giroud lui-même. A-t-il encore la flamme ? L'envie de se lever chaque matin pour préparer un match de Ligue 1 à Angers ou Auxerre ? Parce que revenir en France pour le romantisme, c'est beau. Y rester pour les déplacements au Stade de l'Abbé-Deschamps en février, c'est une autre histoire.
Enfin, il faudra observer les mouvements du mercato estival lillois au poste d'avant-centre. Si le LOSC recrute un numéro 9 de profil titulaire, la prolongation de Giroud prend une couleur de doublure de luxe. Si rien ne bouge devant, c'est que le club compte encore sur lui comme option principale — ce qui, à 40 ans passés, serait un pari audacieux.
Quoi qu'il arrive, la simple existence de ce débat en dit long sur le bonhomme. À un âge où la plupart ont raccroché depuis longtemps, Giroud continue de forcer la discussion. Et ça, personne ne peut le lui retirer.
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