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Coupe du Monde 2026FIFA

INFANTINO S'ACCROCHE À SON TRÔNE : LA FIFA EN CRISE, ET ALORS ?

En pleine crise, Gianni Infantino confirme sa candidature à un nouveau mandat à la tête de la FIFA. Sans opposition crédible en vue, le président semble intouchable — et c'est bien le problème.

Par Lavar06 SEPT. 20264 min de lectureD'après L'Équipe

En pleine tempête institutionnelle, Gianni Infantino confirme qu'il briguera un nouveau mandat à la tête de la FIFA. Un choix qui en dit long sur l'homme, sur l'institution et sur l'état du football mondial. Personne n'est surpris, et c'est peut-être ça le plus inquiétant.

Les faits

C'est désormais officiel, ou du moins aussi officiel que peut l'être une annonce faite par un porte-parole un dimanche : Gianni Infantino sera bien candidat à sa propre succession à la présidence de la FIFA. L'homme qui dirige l'instance suprême du football mondial depuis 2016 ne compte pas lâcher le morceau, malgré des mois de turbulences qui auraient poussé n'importe quel dirigeant un peu lucide à, au minimum, se poser la question.

La confirmation est tombée ce 6 septembre 2026, alors que le climat autour de la FIFA reste lourdement chargé. Les crises se sont accumulées ces derniers mois — sans que cela semble entamer la détermination du président italo-suisse. On parle d'un homme qui a traversé les controverses autour du Mondial 2022 au Qatar, les polémiques liées à l'expansion frénétique du calendrier, les critiques sur la gouvernance interne, et qui continue d'avancer comme si de rien n'était.

Notre lecture

Il y a quelque chose de fascinant — et de profondément décourageant — dans la capacité d'Infantino à tout encaisser sans jamais vaciller. On peut lui reconnaître ça : l'homme est un survivant politique d'une espèce rare. Là où Sepp Blatter a fini par tomber sous le poids des scandales, Infantino semble avoir intégré la tourmente comme une composante normale de son exercice du pouvoir.

La FIFA d'Infantino, c'est un peu comme un paquebot sans gouvernail : ça avance toujours, mais personne ne sait vraiment vers où.

Le problème n'est pas tant qu'Infantino se représente — après tout, c'est son droit le plus strict. Le problème, c'est que personne ne semble en mesure de le contester sérieusement. L'architecture du pouvoir à la FIFA est construite de telle manière que le président sortant dispose d'un avantage structurel colossal. Le réseau de fédérations, les alliances avec les confédérations africaines et asiatiques, le levier financier que représente la redistribution des revenus de la Coupe du monde — tout cela constitue un écosystème où l'opposition peine à exister.

Et c'est là que réside le vrai malaise. Ce n'est pas la candidature d'Infantino qui devrait nous alarmer, c'est l'absence de véritable compétition démocratique au sein d'une institution qui prétend gouverner le sport le plus populaire de la planète. On en est réduits à commenter le fait qu'un président en exercice confirme qu'il veut rester en poste — comme si c'était une information en soi. Ça dit tout du niveau de débat au sein de la FIFA.

Infantino a bâti sa stratégie sur un principe simple : donner de l'argent à tout le monde. Plus de places en Coupe du monde, plus de compétitions, plus de recettes à redistribuer. C'est efficace politiquement, mais c'est une fuite en avant qui se fait au détriment du jeu, des joueurs, et de la cohérence sportive. Le Mondial à 48 équipes, la Coupe du monde des clubs élargie, les fenêtres internationales surchargées — tout cela porte la marque d'un homme qui pense en termes de parts de marché, jamais en termes de culture footballistique.

Ce qu'il faut surveiller

La question principale est désormais celle-ci : un candidat crédible va-t-il émerger face à Infantino ? Pour l'instant, le paysage est désert. L'UEFA, traditionnelle base arrière de l'opposition interne, semble avoir d'autres priorités. Et les fédérations qui pourraient porter une alternative n'ont aucun intérêt financier à le faire, tant elles dépendent des largesses de la FIFA.

Il faudra aussi observer comment la crise actuelle évolue dans les prochains mois. Si les controverses restent au stade du bruit médiatique sans traduction concrète — ni enquête, ni sanctions, ni révolte interne — Infantino sera réélu sans grande difficulté. C'est le scénario le plus probable à ce stade.

Enfin, au-delà de la personne d'Infantino, c'est la question de la réforme de la gouvernance de la FIFA qui devrait occuper les esprits. Tant que le système reste verrouillé, le nom du président importe finalement assez peu. Le football mondial mérite mieux qu'un plébiscite déguisé en élection. Mais le football mondial a rarement eu ce qu'il méritait.

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