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AnalyseCD Tenerife

JESÚS DE MIGUEL, MORT SUR UN TERRAIN : QUAND LE FOOTBALL NOUS RAPPELLE SA FRAGILITÉ

Jesús de Miguel, joueur du CD Tenerife, est décédé après un arrêt cardiorespiratoire survenu en plein match. Un drame qui interroge une nouvelle fois les protocoles médicaux du football.

Par Lavar03 NOV. 20264 min de lectureD'après Foot Mercato

Le football espagnol est en deuil. Jesús de Miguel, joueur du CD Tenerife, est décédé après un arrêt cardiorespiratoire survenu en plein match, consécutif à un violent choc. Une tragédie qui glace le sang et qui, une fois de plus, pose des questions auxquelles ce sport refuse obstinément de répondre.

Les faits

C'est par un communiqué publié ce mardi que le CD Tenerife a officialisé le décès de Jesús de Miguel. Le joueur a été victime d'un arrêt cardiorespiratoire survenu après un choc violent durant une rencontre. Les circonstances exactes — à quelle minute, quel type de collision, quels soins ont été prodigués sur place — restent encore à préciser au moment où nous écrivons ces lignes. Ce que l'on sait, c'est l'issue : un homme est mort sur un terrain de football. Un homme jeune, dont la vie s'est arrêtée là où elle était censée s'épanouir.

Le club canarien, actuellement en difficulté sportive dans les divisions espagnoles, se retrouve plongé dans un drame qui dépasse infiniment le cadre du rectangle vert. Le monde du football espagnol, des instances jusqu'aux supporters, s'est immédiatement mobilisé pour exprimer son soutien et sa solidarité.

Notre lecture

On aimerait pouvoir dire que c'est un cas isolé. On aimerait pouvoir écrire que le football a tiré toutes les leçons du passé. Ce serait mentir.

Depuis l'affaire Marc-Vivien Foé en 2003, depuis Antonio Puerta en 2007, depuis Piermario Morosini en 2012, depuis le malaise de Christian Eriksen à l'Euro 2021 — dont l'issue heureuse tenait à un défibrillateur et à des secouristes exemplaires — on connaît le refrain. Émotion collective, hommages unanimes, promesses d'amélioration des protocoles médicaux. Puis, lentement, le sujet retourne dans les limbes médiatiques, jusqu'au prochain drame.

Un terrain de football ne devrait jamais devenir un lieu de mort. Et pourtant, ça arrive encore.

La question qui brûle est la suivante : les protocoles médicaux en place lors de cette rencontre étaient-ils à la hauteur ? La rapidité d'intervention est, dans un arrêt cardiorespiratoire, le facteur déterminant entre la vie et la mort. Chaque seconde compte. Chaque seconde perdue est irréversible. On ne connaît pas encore les détails de la prise en charge de Jesús de Miguel, et il serait indécent de spéculer. Mais il est parfaitement légitime de poser la question, et même de l'exiger.

Ce qui frappe également, c'est la dimension du choc physique comme déclencheur. Un arrêt cardiorespiratoire consécutif à un contact violent, cela renvoie au commotio cordis, un phénomène connu de la médecine sportive où un impact au thorax, survenu à un moment précis du cycle cardiaque, peut provoquer une fibrillation ventriculaire fatale. C'est rare, mais ce n'est pas inconnu. Et cela soulève un débat plus large sur la violence des contacts dans le football moderne, sur la protection physique des joueurs, et sur les limites d'un sport qui se veut de plus en plus intense, de plus en plus rapide, de plus en plus spectaculaire.

On peut aimer la rudesse du football, sa virilité, ses duels. On peut aussi reconnaître que quand un homme meurt d'un choc sur un terrain, quelque chose ne va pas. Pas nécessairement dans les règles, pas nécessairement dans l'arbitrage, mais peut-être dans l'écosystème médical qui entoure chaque rencontre, à chaque niveau de compétition.

Ce qu'il faut surveiller

Plusieurs éléments seront à suivre dans les jours et semaines à venir. D'abord, les résultats de l'enquête médicale : qu'est-ce qui a exactement provoqué l'arrêt cardiorespiratoire ? Existait-il une pathologie préexistante non détectée ? Le choc en lui-même est-il la cause unique ?

Ensuite, la réaction des instances espagnoles. La RFEF et La Liga vont-elles se contenter de la minute de silence réglementaire et du brassard noir, ou vont-elles engager une vraie réflexion sur les protocoles médicaux, notamment dans les divisions inférieures où les moyens sont, on le sait, nettement moins conséquents qu'en Primera División ?

Enfin, il faudra observer l'impact psychologique sur le vestiaire de Tenerife et sur les joueurs présents lors du drame. On parle peu de la santé mentale dans ces situations, mais des coéquipiers qui voient un des leurs s'effondrer et ne plus se relever portent cette image toute leur vie. L'accompagnement psychologique ne doit pas être un luxe réservé aux clubs de l'élite.

Jesús de Miguel mérite plus qu'un hommage. Il mérite que son décès serve de déclic. L'histoire du football est jonchée de ces drames qui n'ont rien changé. Il serait temps que celui-ci fasse exception.

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