La Fédération française de football s'apprête à retirer officiellement son soutien à Gianni Infantino, président sortant de la FIFA. Un geste politique majeur, qui dit beaucoup sur l'état des relations entre le football français et l'instance mondiale. Et peut-être encore plus sur ce qui se joue en coulisses à quelques mois d'échéances décisives.
Les faits
L'information est tombée ce mardi : la FFF devrait annoncer dans les prochaines heures qu'elle retire son soutien au président sortant de la FIFA, Gianni Infantino. Un revirement qui n'a rien d'anodin quand on sait le poids diplomatique et sportif de la France dans le football mondial. La fédération la plus titrée d'Europe occidentale après l'Italie et l'Allemagne, double championne du monde, lâche publiquement l'homme fort de Zurich.
Pour l'instant, aucune explication officielle détaillée n'a filtré sur les motivations exactes de ce désaveu. Mais le timing, lui, parle. On est en septembre 2026, dans une séquence où les grandes manœuvres pour le futur de la gouvernance du football mondial battent leur plein. Ce type de décision ne se prend pas sur un coup de tête — elle se prépare, se négocie, et s'annonce quand on veut envoyer un signal.
Notre lecture
Soyons clairs : la FFF ne découvre pas en 2026 qui est Gianni Infantino. Le président italo-suisse dirige la FIFA depuis 2016, réélu sans opposition en 2023 après avoir verrouillé à peu près tous les leviers du pouvoir. Son bilan ? Un Mondial au Qatar sous perfusion de controverses, une Coupe du monde des clubs XXL que personne n'a réclamée, un calendrier international devenu un monstre insatiable, et une centralisation du pouvoir qui ferait pâlir d'envie certains autocrates. Tout cela, la FFF le savait. Et pendant longtemps, elle a composé.
Quand la France retire son soutien à un président de la FIFA, ce n'est pas de la morale — c'est de la géopolitique footballistique.
Car il ne faut pas se raconter d'histoires. Ce retrait de soutien n'est pas un sursaut éthique spontané. C'est un calcul. La FFF, comme toutes les grandes fédérations, joue un jeu d'influence permanent à la FIFA. Si elle lâche Infantino aujourd'hui, c'est qu'elle estime que le rapport de force a basculé, ou qu'un autre candidat — réel ou potentiel — offre de meilleures garanties pour les intérêts français et européens.
On peut aussi y lire une convergence avec la position de l'UEFA. Les relations entre Infantino et le football européen n'ont cessé de se dégrader ces dernières années, entre la multiplication des compétitions FIFA qui cannibalisent le calendrier des clubs, les velléités d'ingérence dans la gouvernance des confédérations, et un sentiment croissant chez les grandes fédérations européennes que la FIFA sous Infantino sert d'abord les intérêts des marchés émergents au détriment du vieux continent. La France, poids lourd de l'UEFA, s'aligne peut-être tout simplement sur une ligne de front européenne plus large.
Et puis, il y a la question de l'héritage. Le football français sort d'une décennie dorée sur le plan sportif. La FFF a une voix qui porte. Se positionner contre Infantino, c'est aussi revendiquer un rôle de leader dans la refondation de la gouvernance mondiale du football. C'est dire : on ne sera plus les suiveurs polis, on veut peser sur l'agenda.
Ce qu'il faut surveiller
Première question : qui d'autre ? Un retrait de soutien n'a de sens que s'il annonce un ralliement futur. La FFF va-t-elle soutenir un candidat alternatif à la présidence de la FIFA ? Si oui, lequel ? Les noms circuleront vite. La nature politique de cette décision implique qu'un plan B existe déjà — ou du moins qu'il est en cours de construction.
Deuxième point d'attention : l'effet domino. Quand une fédération du calibre de la France bouge, les autres regardent. L'Allemagne, l'Espagne, l'Angleterre, le Brésil — autant de poids lourds qui pourraient être tentés d'emboîter le pas. Ou pas. Si la FFF se retrouve isolée, le geste sera perçu comme un coup d'épée dans l'eau. Si d'autres suivent, on entre dans une crise de légitimité pour Infantino.
Troisième élément à guetter : la réaction de la FIFA elle-même. Infantino n'est pas du genre à encaisser sans répondre. Sa machine politique est redoutable, et les petites fédérations — celles qui votent aussi, et souvent dans le sens du vent — sont historiquement acquises à sa cause grâce à une redistribution financière généreuse. Le nerf de la guerre reste le même : l'argent et les voix.
Ce qui est certain, c'est que la France vient d'allumer une mèche. Reste à voir si elle provoquera un feu d'artifice ou un simple pétard mouillé.
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