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Coupe du Monde 2026FIFA

LA FIFA BÂILLONNE L'ÉGYPTE : QUAND CRITIQUER L'ARBITRAGE COÛTE PLUS CHER QUE TRICHER

L'Égypte paie cher sa colère post-élimination : Hossam Hassan et Mostafa Zico lourdement suspendus par la FIFA pour avoir critiqué l'arbitrage après Argentine-Égypte. La politique de la muselière a encore frappé.

Par Lavar20 OCT. 20264 min de lectureD'après L'Équipe

Éliminés dans la douleur par l'Argentine en huitièmes de finale du Mondial (2-3), les Égyptiens avaient osé dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas sur l'arbitrage. La FIFA a répondu à sa manière : en sortant le marteau. Hossam Hassan et Mostafa Zico écopent de lourdes suspensions. Le message est limpide, et il est glaçant.

Les faits

La sanction est tombée comme un couperet. Hossam Hassan, sélectionneur de l'Égypte, est suspendu trois matches. Son attaquant Mostafa Zico écope, lui, de cinq matches de suspension. Leur tort ? Avoir publiquement critiqué l'arbitrage après la défaite face à l'Argentine (2-3) en huitièmes de finale de la Coupe du monde.

Une élimination qui avait laissé des traces au sein du camp égyptien, visiblement convaincu d'avoir été lésé par les décisions arbitrales durant cette rencontre. Les deux hommes avaient exprimé leur frustration, suffisamment fort pour que la FIFA décide de sévir. Le joueur est plus lourdement sanctionné que le sélectionneur, ce qui laisse supposer que ses propos étaient jugés plus virulents ou plus explicites.

Pour une sélection qui rêvait de faire vivre un tournoi historique à ses supporters, l'addition est salée. Non seulement l'Égypte est sortie du Mondial, mais elle aborde désormais la suite de ses échéances internationales avec un sélectionneur interdit de banc et un attaquant clé indisponible pour plusieurs rencontres officielles.

Notre lecture

Soyons clairs : personne ne connaît dans le détail ce qu'ont dit Hassan et Zico. Mais la disproportion entre le « crime » — s'exprimer sur des décisions arbitrales — et la punition a de quoi interroger. Cinq matches pour un joueur qui ouvre la bouche après une élimination en Coupe du monde, c'est plus que ce que certains prennent pour un tacle assassin les deux pieds décollés.

Dans le football selon la FIFA, on peut briser une cheville et s'en tirer avec trois matches. Mais critiquer un arbitre ? Là, on touche au sacré.

C'est tout le paradoxe de l'institution zurichoise. La FIFA se drape en permanence dans des valeurs de fair-play et de transparence, mais elle refuse catégoriquement que quiconque remette en cause la compétence de ses arbitres. Le système est verrouillé : les décisions sont prises, la VAR tranche (ou pas), et si tu n'es pas content, tu te tais. Point.

Le problème, c'est que cette politique de la muselière produit exactement l'effet inverse de celui recherché. En sanctionnant aussi sévèrement ceux qui osent parler, la FIFA alimente le soupçon plutôt qu'elle ne l'éteint. Si l'arbitrage était irréprochable, pourquoi avoir si peur de la contestation ? Pourquoi ne pas publier les échanges VAR, ouvrir le débat, assumer les erreurs quand il y en a ?

Il y a aussi une dimension géopolitique qu'on ne peut ignorer. L'Égypte éliminée par l'Argentine, c'est-à-dire par l'une des grandes nations du football, avec un effectif bardé de stars évoluant en Europe. Est-ce que la FIFA aurait frappé aussi fort si c'était le sélectionneur allemand ou le coach espagnol qui avait critiqué l'arbitrage ? On a le droit de poser la question. On a même le devoir de la poser. Les « petites » nations du football mondial ont souvent le sentiment que la justice FIFA n'est pas la même pour tout le monde, et ce genre de décision ne fait que renforcer cette perception.

Quant à Mostafa Zico, sa suspension de cinq matches est un coup dur pour sa carrière internationale. À l'échelle d'une sélection qui dispute des éliminatoires, des compétitions continentales et éventuellement des matchs amicaux de prestige, cinq rencontres, c'est potentiellement six mois d'absence. Pour avoir parlé.

Ce qu'il faut surveiller

D'abord, la réaction de la fédération égyptienne. Va-t-elle faire appel devant le Tribunal Arbitral du Sport ? C'est une possibilité, même si les chances de voir la sanction réduite restent minces — la FIFA n'aime pas être contredite, et le TAS la suit souvent.

Ensuite, l'impact sur le vestiaire égyptien. Hossam Hassan est un monument du football égyptien, un personnage qui fédère et polarise en même temps. Son absence du banc pourrait déstabiliser un groupe déjà fragilisé par l'amertume de l'élimination.

Enfin, et c'est peut-être le plus important : cette affaire pose la question de la liberté d'expression dans le football mondial. Jusqu'où un joueur ou un entraîneur peut-il exprimer sa frustration sans risquer une sanction disproportionnée ? À l'heure où la FIFA multiplie les discours sur l'ouverture et le respect, cette politique du silence imposé ressemble de plus en plus à un anachronisme. Le jour où une grande nation sera sanctionnée de la même manière, on verra si les règles sont vraiment les mêmes pour tout le monde.

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