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Coupe du Monde 2026FIFA

LA FIFA COLMATE LES BRÈCHES : L'ARTICLE 27, VICTIME COLLATÉRALE DU FIASCO BALOGUN

La FIFA va réécrire l'article 27 de son règlement après le scandale Balogun en Coupe du monde. Un colmatage tardif qui interroge sur la solidité de tout l'édifice réglementaire.

Par Lavar16 OCT. 20264 min de lectureD'après RMC Sport

Il aura fallu un scandale en mondovision pour que la FIFA daigne regarder son propre règlement dans les yeux. L'affaire Balogun, ce moment où l'institution suprême du football mondial a autorisé un joueur exclu à fouler la pelouse dès le match suivant en Coupe du monde, va accoucher d'une réécriture de l'article 27. Mieux vaut tard que jamais — mais quand même, on parle de la compétition reine.

Les faits

Retour sur la séquence qui a fait trembler la planète foot. Folarin Balogun, exclu lors d'un match de Coupe du monde, a été autorisé par la FIFA à disputer la rencontre suivante, provoquant une polémique d'une rare intensité. Une décision qui, au-delà de son caractère sportif, a mis en lumière une faille béante dans le règlement de la compétition — et plus précisément dans le fameux article 27.

Face au tollé général, la FIFA a annoncé qu'elle allait modifier cet article de son règlement. L'instance de Zurich reconnaît ainsi, en creux, que le texte en vigueur comportait une ambiguïté — ou pire, un vide — qui a permis cette situation ubuesque. On ne connaît pas encore le détail exact des modifications envisagées, mais le signal est clair : le cadre réglementaire tel qu'il existait ne pouvait plus tenir.

L'épisode a secoué le monde du football bien au-delà du simple résultat sportif. Car derrière le cas Balogun, c'est toute la crédibilité de l'arbitrage réglementaire en Coupe du monde qui a été questionnée. Comment la plus grande compétition du monde peut-elle fonctionner avec un règlement aussi perméable ?

Notre lecture

Soyons honnêtes : cette histoire est une humiliation pour la FIFA. Pas parce qu'une erreur a été commise — les erreurs existent dans toute organisation — mais parce qu'elle révèle un amateurisme réglementaire difficilement acceptable à ce niveau.

On ne découvre pas les règles du jeu en plein Mondial. On les verrouille avant.

L'article 27, c'est un peu le symbole de la gouvernance FIFA : un texte qui semblait solide de loin, mais qui s'effondre dès qu'on le confronte à un cas concret. Le fait qu'un joueur expulsé puisse être aligné au match suivant en Coupe du monde — la compétition où chaque détail devrait être blindé juridiquement — relève soit de l'incompétence rédactionnelle, soit d'un flou volontairement entretenu. Dans les deux cas, c'est accablant.

Et puis il y a la dimension sportive, celle qu'on ne peut pas ignorer. Les adversaires de l'équipe de Balogun sont en droit de se sentir lésés. L'équité sportive, colonne vertébrale de toute compétition, a été fracturée. Quand un joueur qui aurait dû être suspendu est sur le terrain, ce n'est pas un détail administratif — c'est une distorsion du jeu qui peut changer le cours d'un tournoi.

La réaction de la FIFA, bien que tardive, était inévitable. Modifier l'article 27 est un minimum syndical. Mais ne nous laissons pas endormir par l'annonce : le problème n'est pas qu'un article soit mal rédigé, c'est qu'un système entier ait validé l'alignement de Balogun sans que personne ne tire la sonnette d'alarme à temps. La faille est autant humaine que textuelle.

On touche ici à un mal endémique de la FIFA : sa capacité à légiférer dans l'urgence plutôt qu'à anticiper. Combien de scandales similaires auraient pu être évités avec un audit réglementaire sérieux en amont de chaque compétition ? La question mérite d'être posée, même si on connaît déjà la réponse.

Ce qu'il faut surveiller

Premièrement, le contenu exact de la modification de l'article 27. S'agira-t-il d'une simple clarification sémantique ou d'une refonte plus profonde du régime disciplinaire en phase finale de Coupe du monde ? La nuance est capitale. Un pansement cosmétique ne suffira pas à restaurer la confiance.

Deuxièmement, la question des conséquences rétroactives. Le match disputé par Balogun sera-t-il contesté ? Des recours sont-ils envisageables par les fédérations adverses ? Le flou réglementaire qui a permis sa participation pourrait paradoxalement protéger le résultat — ce qui serait le comble de l'ironie.

Troisièmement, et c'est peut-être le plus important : cette affaire va-t-elle déclencher une revue globale du cadre disciplinaire FIFA ? Si l'article 27 avait une faille, combien d'autres articles du règlement sont des bombes à retardement ? L'institution ne peut pas se contenter de colmater au cas par cas. Le football mondial mérite un corpus réglementaire à la hauteur de ses enjeux — financiers, sportifs et symboliques.

Enfin, gardons un œil sur la réaction des fédérations nationales. Ce type de scandale alimente les frustrations, surtout chez les « petites » nations qui ont le sentiment que les règles s'appliquent différemment selon les acteurs. La FIFA marchera sur des œufs dans les semaines à venir.

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