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Coupe du Monde 2026FIFA

LA NORVÈGE TIRE À BALLES RÉELLES SUR INFANTINO : LE DÉBUT DE LA FIN ?

La présidente de la Fédération norvégienne exige la démission de Gianni Infantino, dénonçant un déficit de confiance institutionnelle à la tête de la FIFA. Un geste politique fort, mais suffisant pour faire vaciller le système ?

Par Lavar07 AOÛT 20265 min de lectureD'après RMC Sport

La Fédération norvégienne de football ne fait plus dans la diplomatie feutrée. Sa présidente, Lise Klaveness, a réclamé publiquement la démission de Gianni Infantino à la tête de la FIFA. Un geste politique majeur, rare dans le petit monde du football institutionnel, qui résonne comme un signal d'alarme pour tout un pan du football européen. La question n'est plus de savoir si Infantino a des opposants, mais si cette fronde peut réellement l'ébranler.

Les faits

Ce vendredi 7 août, Lise Klaveness, présidente de la Fédération norvégienne de football, a annoncé qu'elle allait demander à Gianni Infantino de démissionner de son poste de président de la FIFA. Le motif invoqué est sans ambiguïté : selon elle, le dirigeant italo-suisse "n'a pas la confiance institutionnelle nécessaire pour diriger la FIFA". Une formulation lourde de sens dans le langage des instances, où l'on préfère d'ordinaire les périphrases molles aux déclarations de guerre.

Le contexte de cette sortie fracassante ? Ce que les médias désignent désormais comme la "vente de la Coupe du monde", un dossier qui cristallise depuis des mois les tensions autour de la gouvernance d'Infantino et de sa manière de transformer le joyau de la FIFA en produit commercial à optimiser, parfois au mépris de toute considération sportive ou éthique.

La Norvège n'en est pas à son coup d'essai en matière de contestation. Le pays scandinave s'était déjà illustré lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar, avec des prises de position fortes sur les droits humains. Klaveness elle-même avait marqué les esprits lors d'un discours au congrès de la FIFA en 2022, où elle avait ouvertement interpellé l'institution sur ses choix. Mais cette fois, on passe du réquisitoire à la motion de défiance.

Notre lecture

Soyons honnêtes : la Norvège pèse 5 millions d'habitants, n'est même pas qualifiée pour la prochaine Coupe du monde et ne fait trembler personne dans les couloirs de Zurich. Sur le papier, cette demande de démission a autant de chances d'aboutir qu'une candidature de San Marin pour organiser un Mondial. Et pourtant, ce serait une erreur de balayer ce geste d'un revers de main.

Ce qui est remarquable ici, ce n'est pas tant la position norvégienne — attendue, cohérente avec leur ligne depuis des années — que le vocabulaire employé. Parler de confiance institutionnelle, c'est toucher au cœur du problème Infantino. Le président de la FIFA gouverne depuis 2016 avec une méthode simple : distribuer suffisamment d'argent aux petites fédérations pour acheter leur fidélité électorale, tout en s'aliénant progressivement les grandes nations européennes. Un système clientéliste qui fonctionne à merveille tant que les chèques arrivent, mais qui fragilise la légitimité même de l'institution.

Quand une fédération européenne, même petite, dit publiquement que le patron de la FIFA n'a plus la légitimité pour diriger, c'est qu'on a franchi un seuil.

Le vrai enjeu, c'est de savoir si la Norvège est seule dans cette démarche ou si elle n'est que la partie émergée d'un iceberg nordique et européen. On sait que le Danemark, la Suède et la Finlande partagent largement cette vision critique. On sait aussi que l'UEFA de Ceferin — elle-même loin d'être un modèle de transparence — entretient des relations glaciales avec Infantino depuis des années. Si d'autres fédérations suivent, même timidement, le rapport de force pourrait évoluer.

Mais ne nous leurrons pas. Infantino a verrouillé le système. Son mode de scrutin, sa capacité à instrumentaliser les confédérations africaine et asiatique, son art de transformer chaque congrès FIFA en plébiscite chorégraphié — tout cela rend une destitution quasiment impossible dans les règles actuelles. La FIFA n'est pas une démocratie, c'est une oligarchie élective où celui qui tient le portefeuille tient le pouvoir.

Ce qu'il faut surveiller

Premier point : la réaction des autres fédérations européennes. Si la Norvège reste isolée, l'épisode sera classé comme un coup de gueule scandinave de plus, noble mais inoffensif. En revanche, si l'Angleterre, l'Allemagne ou les Pays-Bas emboîtent le pas — même par des déclarations plus mesurées — la dynamique change radicalement.

Deuxième point : la posture de l'UEFA. Ceferin va-t-il instrumentaliser cette fronde pour renforcer sa propre position face à la FIFA, ou va-t-il laisser Klaveness en première ligne sans couverture ? L'histoire récente suggère plutôt la seconde option, mais les temps changent.

Troisième point : le dossier de la "vente de la Coupe du monde" lui-même. Si de nouvelles révélations émergent sur les conditions de commercialisation du Mondial, la pression pourrait devenir intenable, même pour un homme qui a survécu à tout depuis dix ans. Le scandale, en politique footballistique, ne tue que lorsqu'il coupe le robinet financier.

Enfin, gardons un œil sur Lise Klaveness elle-même. À 41 ans, ancienne internationale, juriste de formation, elle incarne une nouvelle génération de dirigeants du football qui refuse de jouer le jeu des arrangements entre amis. Si elle parvient à fédérer autour d'elle, elle pourrait devenir bien plus qu'une voix dissidente : un véritable contre-pouvoir. Et ça, dans le monde de la FIFA, c'est la chose la plus rare — et la plus dangereuse.

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