La saison à peine terminée, Marseille ne perd pas de temps. Après un exercice 2025-2026 éprouvant, marqué par des départs en cascade à tous les étages, l'OM s'apprête à remettre à plat son organigramme. Une restructuration qui en dit long sur l'ampleur du chantier — et sur l'urgence ressentie en interne.
Les faits
Le rideau est tombé sur la saison de l'Olympique de Marseille, et le bilan est lourd. Plusieurs départs successifs ont fragilisé la structure du club, obligeant la direction à repenser son organisation en profondeur. Les grandes lignes d'un nouvel organigramme commencent à filtrer, dessinant une redistribution des rôles et des responsabilités au sein de l'institution phocéenne.
Si les contours précis de cette nouvelle architecture restent encore à affiner, la tendance est claire : l'OM veut tourner une page, repartir sur des bases plus solides et surtout mettre fin à l'instabilité chronique qui gangrène le club depuis plusieurs saisons. L'exercice qui vient de s'achever aura été le énième rappel que le talent sur le papier ne suffit pas quand la maison tremble en coulisses.
Notre lecture
Soyons honnêtes : à Marseille, les restructurations d'organigramme, c'est presque devenu un sport de fin de saison. On ne compte plus les remaniements, les arrivées fracassantes de « l'homme providentiel » et les départs dans le bruit ou le silence. Le club collectionne les remises à zéro comme d'autres collectionnent les trophées — sauf que, justement, le palmarès récent, lui, reste désespérément maigre.
Le vrai problème de l'OM n'a jamais été de trouver des noms pour remplir des cases. Le vrai problème, c'est la continuité. Ou plutôt son absence totale. Chaque saison apporte son lot de nouveaux visages dans les bureaux, de nouvelles « visions » pour le projet sportif, de nouvelles promesses d'un avenir radieux. Et chaque saison se termine avec le même constat amer : rien ne tient dans la durée.
À l'OM, la seule constante, c'est le changement. Et c'est précisément ce qui empêche le club d'avancer.
Ce qui interroge dans cette énième refonte, c'est la capacité de la direction à tirer les leçons du passé. Recruter de nouveaux profils décisionnaires, c'est bien. Leur donner le temps et les moyens de travailler, c'est autre chose. Le football moderne exige une cohérence sur le long terme — demandez à Leverkusen, à l'Atalanta, ou même au Stade Brestois version 2024 ce qu'il en coûte de patience avant de récolter les fruits d'un projet structuré.
L'OM, lui, fonctionne encore trop souvent dans l'urgence et l'émotion. La pression de la ville, la ferveur du Vélodrome, l'impatience des supporters : tout pousse à l'accélération, au coup de poker, au recrutement tape-à-l'œil plutôt qu'au travail de fond. Ce nouvel organigramme ne vaudra que s'il s'inscrit dans un projet global et pérenne, pas dans une opération de communication de fin mai.
On aimerait y croire. Mais à force de voir Marseille rejouer le même film en boucle, la prudence l'emporte sur l'enthousiasme. La vraie rupture, ce ne sera pas un nouvel organigramme — ce sera le jour où l'OM arrêtera d'en changer tous les ans.
Ce qu'il faut surveiller
Plusieurs points méritent une attention particulière dans les semaines à venir. D'abord, les profils qui seront nommés aux postes clés : vient-on chercher des techniciens du football, des gestionnaires ou des politiques ? Le choix en dira long sur les véritables ambitions du club.
Ensuite, la question du directeur sportif — ou de l'équivalent fonctionnel — sera déterminante. C'est le poste névralgique, celui qui fait le lien entre le projet, le mercato et le terrain. L'OM a besoin d'un profil fort, crédible et protégé des turbulences médiatiques marseillaises.
Enfin, il faudra observer la réaction du vestiaire et de l'encadrement technique. Un changement d'organigramme, c'est aussi un message envoyé aux joueurs et au staff. Soit il rassure et fédère, soit il alimente le doute. À Marseille, la frontière entre les deux est souvent plus mince qu'ailleurs.
L'été sera long sur la Canebière. Comme souvent. Reste à savoir si cette fois, il débouchera sur autre chose qu'un feu de paille.
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