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Coupe du Monde 2026Robert Pirès

ROBERT PIRÈS, L'ÉLÉGANCE FAITE CARRIÈRE : RETOUR SUR UN PARCOURS QU'ON NE CÉLÈBRE PAS ASSEZ

Metz accueille ce mardi le jubilé de Robert Pirès. L'occasion de revenir sur un parcours brillant et pourtant sous-estimé, de la Lorraine aux Invincibles d'Arsenal en passant par les Bleus champions du monde.

Par Lavar07 OCT. 20264 min de lectureD'après L'Équipe

Ce mardi soir, Metz accueille le jubilé de Robert Pirès, et c'est tout un pan du football français qui refait surface. Celui d'un joueur dont l'élégance balle au pied n'avait d'égale que la discrétion médiatique. Un homme qui a tout gagné sans jamais vraiment réclamer la lumière — et c'est peut-être pour ça qu'on a parfois tendance à sous-estimer l'ampleur de ce qu'il a accompli.

Les faits

Le jubilé de Robert Pirès est programmé ce mardi soir à Metz, coup d'envoi à 20h45. Le choix du lieu n'est évidemment pas anodin : c'est en Lorraine que tout a commencé pour l'ancien international français. C'est au FC Metz qu'il a éclos, qu'il a appris le métier avant de s'envoler vers des sphères bien plus hautes.

L'événement est l'occasion de revenir sur les cinq dates qui ont jalonné une carrière exceptionnelle, de ses premiers succès en Moselle à ses années dorées avec l'équipe de France et Arsenal. Un parcours qui traverse les plus belles pages du football français et anglais des années 1990-2000, avec en toile de fond un titre de champion du monde 1998, un Euro 2000 et la saison invincible d'Arsenal en 2003-2004.

Pirès, c'est aussi un joueur qui a connu la blessure grave — ce genou qui lâche en 2002 et qui le prive de la Coupe du monde en Corée et au Japon — et qui a su revenir au plus haut niveau avec une classe intacte. Peu de carrières françaises offrent un tel mélange de grâce technique et de résilience.

Notre lecture

Il y a quelque chose d'injuste dans la manière dont le football français traite la mémoire de Robert Pirès. Pas oublié, non. Mais rangé dans une case un peu trop commode, celle du bon joueur de complément, du coéquipier idéal qui profitait des Zidane, Henry et Vieira autour de lui. C'est d'une paresse intellectuelle assez remarquable.

Pirès n'était pas un satellite. Il était une étoile à part entière — simplement, il ne cherchait pas à briller plus fort que les autres.

Reprenons : à Arsenal, il est élu meilleur joueur de Premier League par ses pairs en 2002. Ce n'est pas un prix de consolation. C'est le vote de ceux qui le subissaient chaque week-end, des défenseurs qui savaient que quand Pirès prenait le ballon côté gauche, le danger devenait imminent. Son pied gauche, ses appels en diagonale, sa capacité à éliminer en un crochet — tout cela formait un cocktail d'une rare sophistication.

Avec les Bleus, sa contribution à l'Euro 2000 reste l'un des sommets du football offensif français. Dans un collectif pourtant garni de stars, il était celui qui faisait le liant, qui accélérait le jeu au bon moment, qui trouvait la passe décisive quand d'autres cherchaient la frappe de loin. Il y a une intelligence de jeu chez Pirès qui mérite davantage que le traitement hagiographique classique du « bon coéquipier ».

Et puis il y a Metz. On oublie trop souvent d'où viennent les joueurs. Pirès sort d'un centre de formation lorrain qui, à l'époque, produisait à la chaîne. C'est là qu'il forge ses bases, c'est là qu'il comprend que le talent seul ne suffit pas. Ce jubilé à Saint-Symphorien a donc un sens profond : c'est un retour aux racines, un hommage à l'endroit qui a tout rendu possible.

Le problème du football contemporain, c'est qu'il dévore ses propres légendes à une vitesse folle. On célèbre les palmarès en oubliant les trajectoires. Pirès, c'est une trajectoire d'une cohérence rare — Metz, Marseille, Arsenal, l'équipe de France — sans faux pas retentissant, sans polémique extra-sportive, sans transfert motivé par l'appât du gain. Presque anachronique, en somme.

Ce qu'il faut surveiller

Au-delà de la fête, ce jubilé pose une question plus large : quelle place le football français accorde-t-il à ses anciens ? Les jubilés restent rares dans l'Hexagone, bien moins institutionnalisés qu'en Angleterre ou en Italie. Si celui de Pirès peut contribuer à créer un précédent, tant mieux.

Il faudra aussi observer quels joueurs répondront présent ce mardi soir. La composition des équipes de gala en dit souvent long sur les amitiés réelles et le respect qu'inspire un homme dans le vestiaire. Pirès ayant traversé plusieurs générations et plusieurs championnats, le casting promet d'être révélateur.

Enfin, à l'heure où le football français cherche des modèles pour ses jeunes ailiers — et Dieu sait qu'on en a besoin —, revisiter le profil Pirès n'a rien de nostalgique. C'est presque un programme technique : intelligence de placement, qualité de centre, sens du timing. Autant de fondamentaux qui se perdent dans la course effrénée au dribble et à la stat individuelle. Robert Pirès ne sera peut-être jamais aussi « hype » que d'autres noms de sa génération. Mais ceux qui savent, savent.

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