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Coupe du Monde 2026FIFA

INFANTINO LÂCHÉ PAR L'ANGLETERRE : LE DÉBUT DE LA FIN POUR LE PATRON DE LA FIFA ?

La Fédération anglaise s'apprête à retirer son soutien à Gianni Infantino pour sa réélection à la FIFA. Un signal fort qui pourrait déclencher un effet domino au sein du football européen.

Par Lavar03 AOÛT 20264 min de lectureD'après L'Équipe

Après avoir reculé sur son projet controversé de vente de parts de la Coupe du monde, Gianni Infantino espérait calmer la fronde. Raté. Selon The Telegraph, la Fédération anglaise s'apprête à lui retirer son soutien pour sa réélection à la présidence de la FIFA. Un lâchage symbolique et politique qui pourrait faire tache d'huile.

Les faits

L'information vient du très sérieux Telegraph, et elle a le mérite de la clarté : la Football Association (FA) ne devrait pas soutenir Gianni Infantino dans sa quête d'un nouveau mandat à la tête de la FIFA. Un retournement de situation notable pour une fédération qui, historiquement, a toujours pesé lourd dans les couloirs de Zurich — et qui avait jusqu'ici fait partie du camp Infantino.

Ce retrait de soutien intervient dans un contexte déjà tendu. Le président italo-suisse a récemment abandonné son projet de commercialisation de parts de la Coupe du monde, un plan qui avait suscité une levée de boucliers quasi unanime parmi les grandes fédérations européennes. Mais visiblement, ce rétropédalage stratégique n'a pas suffi à restaurer la confiance. L'Angleterre semble considérer que le mal est fait, et que la gouvernance Infantino pose des questions plus profondes que celle d'un simple projet avorté.

La FA rejoint ainsi, au moins dans l'esprit, un front critique qui s'élargit au sein du football européen. Si les noms des autres fédérations dissidentes ne sont pas encore tous connus publiquement, la tendance est claire : Infantino perd du terrain là où il pensait avoir consolidé ses positions.

Notre lecture

Soyons directs : quand l'Angleterre vous lâche, ce n'est jamais anodin. La FA, c'est le berceau du football, une institution qui pèse autant par son poids économique — la Premier League génère des milliards — que par son aura symbolique. Perdre ce soutien, ce n'est pas juste un vote en moins dans une urne. C'est un signal envoyé à l'ensemble du football mondial.

Infantino a cru qu'en retirant son projet de vente de la Coupe du monde, on lui pardonnerait de l'avoir proposé. L'Angleterre vient de lui rappeler que la mémoire du football n'est pas si courte.

Ce qui est frappant, c'est la séquence. Infantino a bâti son pouvoir sur un modèle bien rodé : acheter la fidélité des petites fédérations à coups de redistribution financière, tout en maintenant les grandes nations dans une forme de statu quo confortable. Pendant des années, les fédérations européennes majeures ont fermé les yeux sur certaines dérives — Mondial au Qatar, explosion du calendrier, multiplication des compétitions — tant que leurs intérêts économiques étaient préservés.

Mais le projet de vendre des parts de la Coupe du monde a été la goutte de trop. En touchant au totem absolu, Infantino a commis une erreur que même sa rhétorique de « football pour tous » ne pouvait masquer. Et le fait de faire marche arrière n'a rien arrangé : cela a donné l'image d'un dirigeant prêt à tenter le coup en douce, avant de reculer sous la pression. Pas exactement le portrait d'un leader solide.

L'Angleterre a sans doute aussi ses propres calculs. La FA pourrait être en train de se positionner dans une logique de post-Infantino, en se plaçant du bon côté de l'histoire si une candidature alternative venait à émerger. Ne nous y trompons pas : ce n'est pas qu'une question de principes, c'est aussi une question de pouvoir. Les Anglo-Saxons ont toujours eu l'ambition de peser davantage dans la gouvernance mondiale du football, et le moment semble propice pour avancer leurs pions.

Ce qu'il faut surveiller

Premièrement, la réaction en chaîne potentielle. Si la FA officialise ce retrait de soutien, d'autres fédérations majeures — Allemagne, France, Pays-Bas — pourraient être tentées de suivre. L'UEFA de Ceferin, malgré ses propres zones d'ombre, pourrait instrumentaliser ce mouvement pour affaiblir un Infantino devenu trop autonome.

Deuxièmement, l'émergence ou non d'un candidat alternatif crédible. Retirer son soutien, c'est bien. Proposer une alternative, c'est mieux. Or, pour l'instant, personne ne s'est véritablement déclaré face à Infantino. Et tant qu'aucun nom ne sort du bois, le président sortant reste favori par défaut, porté par les voix des confédérations africaine, asiatique et sud-américaine qu'il a méthodiquement courtisées.

Enfin, il faudra observer la stratégie de riposte d'Infantino. L'homme n'est pas du genre à encaisser sans réagir. On peut s'attendre à des annonces spectaculaires en direction des fédérations encore fidèles — nouvelles enveloppes financières, promesses de compétitions, projets de développement. Le nerf de la guerre reste l'argent, et sur ce terrain-là, Infantino n'a pas encore dit son dernier mot.

Mais une chose est sûre : le vernis craque. Et quand le pays du football commence à tourner le dos, c'est rarement un détail.

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