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LORENZI À L'OM : LE MERCATO DE LA DISCORDE COMMENCE À PRÉSENTER L'ADDITION

L'été de Grégory Lorenzi à la tête du recrutement de l'OM suscite déjà des doutes. Les choix du mercato estival peinent à convaincre sur le terrain, et à Marseille, les comptes se règlent vite.

Par Lavar19 SEPT. 20264 min de lectureD'après Foot Mercato

Grégory Lorenzi n'a même pas encore bouclé son premier exercice complet à la tête du recrutement marseillais que les premières fissures apparaissent. L'été 2025 devait poser les fondations d'un projet cohérent. À la lumière des premières semaines de compétition, le bilan ressemble davantage à un chantier mal calibré qu'à une reconstruction maîtrisée. Et à Marseille, on le sait, les doutes ne restent jamais très longtemps en sourdine.

Les faits

Arrivé à l'OM pour prendre en main la stratégie sportive et le mercato, Grégory Lorenzi portait sur ses épaules la responsabilité de remodeler un effectif en quête d'identité. L'ancien directeur sportif de Brest, salué pour son travail remarquable en Bretagne, devait apporter rigueur et flair à un club qui en manquait cruellement ces dernières saisons.

Mais à peine le championnat 2025-2026 lancé, les choix estivaux de Lorenzi laissent déjà des traces. Le mercato d'été, censé être le premier acte fondateur de sa vision, suscite des interrogations croissantes. L'intégration des recrues, la cohérence globale de l'effectif assemblé et les premiers résultats sur le terrain posent question. À Marseille, la patience est un luxe que personne ne peut s'offrir — surtout pas un dirigeant fraîchement installé.

En ce début de saison, les signaux envoyés par le terrain ne correspondent pas aux ambitions affichées. Et c'est naturellement vers le responsable du recrutement que les regards se tournent en premier.

Notre lecture

Soyons clairs : juger un directeur sportif après quelques semaines de compétition, c'est toujours un exercice périlleux. Mais nous sommes à l'OM, pas au FC Nantes. Ici, le temps ne se mesure pas en saisons mais en journées de championnat. Lorenzi le savait en signant.

Le problème n'est pas tant la qualité intrinsèque de tel ou tel choix individuel. C'est la lisibilité du projet qui fait défaut. Quand un mercato est réussi, on perçoit une logique, un fil conducteur : un profil de joueur ciblé, un style de jeu alimenté, une hiérarchie renforcée. Quand il est raté, on voit exactement l'inverse : des pièces qui ne s'emboîtent pas, un entraîneur qui bricole, un vestiaire qui cherche ses repères.

À Marseille, un mercato ne se juge pas à la conférence de presse de présentation, mais au premier virage de la saison. Et ce virage-là, Lorenzi est en train de le négocier sur les jantes.

Ce qui interpelle, c'est aussi le timing. Lorenzi est arrivé avec un crédit énorme, bâti sur ses réussites brestoises — une qualification en Ligue des Champions avec un budget de Ligue 2, excusez du peu. Mais transposer une méthode qui fonctionne dans un écosystème familial et protégé vers le chaudron politique et médiatique de l'OM, c'est une toute autre affaire. Le talent de dénicheur ne suffit pas quand la pression institutionnelle déforme chaque décision.

On l'a vu avec d'autres avant lui : l'OM broie les profils discrets. Ceux qui travaillent dans l'ombre, qui misent sur le temps long, finissent souvent par être rattrapés par l'urgence permanente du club. Lorenzi n'échappe pas à cette mécanique, et il serait naïf de croire qu'il pourra imposer son rythme à un environnement qui n'en a jamais accepté d'autre que le sien.

Ce qu'il faut surveiller

Plusieurs éléments seront déterminants dans les semaines à venir. D'abord, la capacité de Lorenzi à corriger le tir lors du mercato hivernal. Un bon directeur sportif n'est pas celui qui ne se trompe jamais — c'est celui qui identifie vite ses erreurs et les répare. Janvier sera un révélateur.

Ensuite, il faudra observer la solidité de son positionnement en interne. À l'OM, les luttes de pouvoir dans l'organigramme sont un sport à part entière. Si les résultats continuent de décevoir, Lorenzi risque de voir son périmètre d'action grignoté, ses choix remis en cause publiquement, et sa marge de manœuvre réduite à néant.

Enfin, la communication sera cruciale. Le silence, à Marseille, est toujours interprété comme un aveu de faiblesse. Il va falloir assumer, expliquer, convaincre — sans tomber dans le piège des promesses impossibles à tenir.

Une chose est sûre : Lorenzi joue déjà gros. Dans un club normal, on lui accorderait deux mercatos pour poser sa patte. À l'OM, le premier est à peine terminé que le procès est déjà ouvert. Bienvenue dans le grand cirque marseillais.

OMGrégory LorenzimercatoLigue 1Marseille
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