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Coupe du Monde 2026FIFA

MANU PETIT PART EN GUERRE CONTRE INFANTINO : QUAND LES ANCIENS DISENT STOP

Emmanuel Petit s'associe à une lettre ouverte d'anciens joueurs pour réclamer le départ d'Infantino et un changement profond à la FIFA. Un acte de rébellion qui pèse plus qu'il n'y paraît.

Par Lavar26 AOÛT 20264 min de lectureD'après RMC Sport

Emmanuel Petit ne joue plus sur les terrains depuis longtemps, mais il n'a visiblement pas rangé ses crampons au vestiaire de la contestation. Le champion du monde 98 s'est joint à une lettre ouverte signée par d'anciens joueurs pour réclamer un changement radical à la tête de la FIFA — et surtout le départ de Gianni Infantino. Un geste politique fort, dans un paysage footballistique où la critique institutionnelle reste trop souvent feutrée.

Les faits

Emmanuel Petit a pris la parole ce mardi sur RMC, dans l'émission Rothen s'enflamme, pour détailler les raisons de son engagement dans une lettre ouverte collective. Ce texte, rédigé et cosigné par plusieurs anciens joueurs professionnels, dénonce frontalement les pratiques de certains dirigeants de la FIFA et pointe du doigt la gouvernance de Gianni Infantino, dont les signataires réclament le départ.

Le contenu exact de la lettre n'a pas été intégralement rendu public à cette heure, mais l'initiative s'inscrit dans un contexte de crise de confiance croissante envers l'instance dirigeante du football mondial. Petit, qui ne passe jamais pour un tiède dans ses prises de position médiatiques, a insisté sur la nécessité de transformer en profondeur le mode de fonctionnement de la FIFA.

L'ancien milieu d'Arsenal et de l'équipe de France n'est pas seul dans cette démarche : la lettre rassemble plusieurs noms du football international, même si la liste complète des signataires reste à préciser. Ce qui est clair, c'est que le message dépasse le simple coup de gueule individuel — il s'agit d'une action collective, coordonnée, et délibérément publique.

Notre lecture

On peut voir dans cette initiative un énième cri dans le désert, un de plus parmi les centaines de critiques adressées à la FIFA depuis des décennies. Mais ce serait se tromper de grille de lecture. Quand des anciens joueurs — ceux-là mêmes qui ont fait vivre les compétitions organisées par la FIFA — s'organisent pour rédiger une lettre ouverte, ce n'est plus du bruit de fond. C'est un signal.

Gianni Infantino, depuis son accession à la présidence en 2016, a multiplié les projets pharaoniques : Coupe du monde à 48 équipes, Mondial des clubs élargi, calendrier international saturé. Chaque réforme a été présentée comme une avancée pour le football mondial, mais la réalité est moins reluisante. Les joueurs — actuels comme anciens — dénoncent depuis des années une surcharge compétitive qui met en danger la santé des athlètes, tandis que les fédérations les plus modestes peinent toujours à voir la couleur des retombées promises.

Le mode de fonctionnement de la FIFA doit changer.

Cette phrase, attribuée à Petit, résume un malaise profond. La FIFA fonctionne comme un État dans l'État, avec une opacité décisionnelle qui ferait pâlir d'envie certains régimes autoritaires. Les élections internes ressemblent davantage à des plébiscites qu'à des scrutins démocratiques, et les voix dissidentes sont systématiquement marginalisées. Le fait que ce soient d'anciens joueurs — et non des dirigeants concurrents ou des politiques — qui montent au créneau donne à cette fronde une légitimité particulière. Ce sont les artisans du spectacle qui demandent des comptes aux gestionnaires du temple.

Il faut aussi replacer cette sortie dans le contexte français. Manu Petit n'est pas un anonyme : c'est une voix qui porte, un consultant installé, un champion du monde respecté. Quand il choisit de s'engager publiquement, ce n'est pas pour faire le buzz — c'est parce qu'il estime que la ligne rouge est franchie. Et à en juger par le ton employé sur RMC, on sent que la frustration dépasse largement le cadre d'un simple désaccord stratégique.

Ce qu'il faut surveiller

Première question : qui sont les autres signataires ? La force de cette lettre dépendra du poids des noms qui y figurent. Si des légendes d'autres continents s'y associent, la pression sur Infantino deviendra autrement plus compliquée à ignorer.

Deuxième enjeu : la réaction de la FIFA. L'institution a l'habitude de balayer les critiques d'un revers de communiqué lisse et consensuel. Mais une lettre ouverte d'anciens joueurs, c'est une gifle symbolique plus difficile à esquiver. Infantino va-t-il répondre, ou va-t-il faire ce qu'il fait le mieux — sourire et continuer comme si de rien n'était ?

Enfin, il faudra observer si les syndicats de joueurs actuels — la FIFPRO en tête — embrayent sur cette dynamique. Car si les anciens ouvrent la brèche, ce sont les joueurs en activité qui détiennent le véritable levier de pression. Le jour où les stars actuelles du ballon rond refuseront de jouer le jeu d'un calendrier délirant, la FIFA n'aura plus d'autre choix que de se réformer. Ou de tomber.

En attendant, saluons le courage de ceux qui osent encore secouer le cocotier. Dans un football où tout le monde a quelque chose à perdre, ceux qui n'ont plus rien à prouver sont peut-être les seuls à pouvoir dire la vérité.

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