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MEUNIER TIRE À BOULETS ROUGES SUR LE MONDIAL 2026 : LE PROCÈS D'UN TOURNOI DÉNATURÉ

Thomas Meunier règle ses comptes avec la FIFA et le Mondial 2026 dans un entretien cash. L'ancien Parisien dénonce une compétition dénaturée et vise directement Gianni Infantino.

Par Lavar12 SEPT. 20264 min de lectureD'après RMC Sport

Quelques semaines après la fin d'une Coupe du monde 2026 qui aura autant divisé que passionné, Thomas Meunier sort du silence. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'arrière droit belge ne fait pas dans la dentelle. Dans un entretien accordé à The Athletic, le défenseur de Sunderland dresse un réquisitoire sévère contre la FIFA et son président Gianni Infantino. Un témoignage cru, à hauteur de joueur, qui met des mots sur un malaise partagé par beaucoup.

Les faits

Thomas Meunier, 34 ans, international belge et ancien du PSG, a livré un entretien sans filtre au média anglo-saxon The Athletic. L'objet principal de sa colère : l'organisation et l'esprit même de cette Coupe du monde 2026, disputée aux États-Unis, au Canada et au Mexique. L'ancien Parisien affirme que ce tournoi a incarné, selon ses termes, "le côté obscur du foot traditionnel".

Meunier revient notamment sur l'épisode Balogun lors du huitième de finale entre la Belgique et les États-Unis, un moment qui a visiblement marqué le vestiaire des Diables Rouges. Sans que les détails exacts de l'incident soient entièrement développés dans ses déclarations publiques, il est clair que cet épisode cristallise pour lui tout ce qui a dysfonctionné durant la compétition.

Au-delà de ce fait de match précis, c'est la FIFA et la gouvernance de Gianni Infantino qui sont dans le viseur du joueur. Meunier se montre très critique envers l'instance mondiale du football, pointant du doigt une organisation qu'il juge éloignée des intérêts des joueurs et du jeu lui-même.

Notre lecture

Il faut reconnaître à Thomas Meunier une qualité rare dans le football moderne : le bonhomme dit ce qu'il pense, y compris quand ça dérange. On l'avait déjà vu à Paris, à Dortmund, à Trabzonspor — le Belge n'a jamais eu la langue dans sa poche. Mais cette fois, il ne parle pas d'un vestiaire qui grince ou d'un coach avec lequel il ne s'entend pas. Il vise plus haut. Beaucoup plus haut.

"Cette Coupe du monde a incarné le côté obscur du foot traditionnel"

Cette phrase résonne comme un acte d'accusation. Et si on la replace dans le contexte global de ce Mondial 2026, elle prend tout son sens. Ce tournoi à 48 équipes, réparti sur trois pays et un continent entier, a été un marathon logistique dont les joueurs ont été les premiers à payer le prix. Décalages horaires délirants, déplacements interminables, calendrier compressé — tout cela au service d'un produit commercial dont la FIFA est la première bénéficiaire.

L'affaire Balogun, quel qu'en soit le détail exact, semble avoir été la goutte d'eau pour Meunier. Le moment où le spectacle a pris le pas sur le sport, où le drama a éclipsé le jeu. Et c'est précisément ce que dénonce le Belge : une compétition où l'on a eu le sentiment que les acteurs principaux — les joueurs — n'étaient plus que des figurants dans un show orchestré par Zurich.

Ce qui frappe dans la sortie de Meunier, c'est qu'elle n'est pas isolée. Depuis des mois, les voix se multiplient dans le vestiaire mondial pour dénoncer la surcharge de matchs et la déconnexion entre la FIFA et le terrain. Mais rares sont ceux qui osent nommer Infantino directement. Meunier le fait. Et ça change tout. Parce que quand un joueur en fin de carrière, qui n'a plus grand-chose à perdre, décide de parler cash, il libère une parole que d'autres, plus exposés médiatiquement ou contractuellement, n'osent pas tenir.

On peut évidemment objecter que Meunier, à Sunderland en Championship, n'est plus au centre du jeu. Que sa parole pèse moins que celle d'un Mbappé ou d'un De Bruyne. Peut-être. Mais la pertinence d'un témoignage ne se mesure pas au nombre d'abonnés Instagram de celui qui le porte. Elle se mesure à sa justesse. Et sur ce point, difficile de lui donner tort.

Ce qu'il faut surveiller

La question centrale reste celle-ci : la FIFA entendra-t-elle ces critiques, ou les balayera-t-elle d'un revers de communiqué lisse ? L'histoire récente nous incite malheureusement au pessimisme. Infantino a construit son règne sur l'expansion permanente — plus d'équipes, plus de matchs, plus de revenus — et rien n'indique qu'il compte changer de cap.

Il faudra surveiller si d'autres joueurs, plus médiatiques, emboîtent le pas à Meunier dans les semaines à venir. Le syndicat des joueurs (FIFPRO) pourrait également s'emparer de ces déclarations pour alimenter son bras de fer juridique et politique avec la FIFA sur la question du calendrier international.

Enfin, à l'approche du prochain cycle de compétitions, la question de la légitimité même du format à 48 équipes sera inévitablement remise sur la table. Si les joueurs eux-mêmes considèrent que le Mondial a basculé du côté obscur, qui reste-t-il pour défendre la lumière ? Certainement pas ceux qui comptent les billets à Zurich.

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