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MONDIALE 2030 : LE MAROC VEUT LA FINALE ET NE LÂCHERA RIEN

Fouzi Lekjaa multiplie les prises de parole pour que la finale du Mondial 2030 se joue au Maroc. Un lobbying assumé, stratégique, et de plus en plus difficile à ignorer.

Par Lavar15 SEPT. 20264 min de lectureD'après RMC Sport

Fouzi Lekjaa remet une pièce dans la machine. Le patron du football marocain poursuit méthodiquement sa campagne pour que la finale du Mondial 2030 se joue au Maroc. Un lobbying assumé, constant, et de plus en plus audible — qui en dit long sur les ambitions d'un pays qui ne veut pas se contenter d'un rôle de figurant dans sa Coupe du monde.

Les faits

Dans un entretien publié ce lundi par Jeune Afrique, le président de la Fédération royale marocaine de football a de nouveau martelé sa position : le Maroc doit accueillir la finale du Mondial 2030. L'argument central est limpide — l'Afrique, qui a déjà organisé une Coupe du monde en 2010 en Afrique du Sud, a « le droit » de voir une finale se tenir sur son sol pour la deuxième fois de l'histoire.

Ce n'est pas une sortie isolée. Il y a quelques semaines, Lekjaa avait déjà contraint la FIFA à publier un démenti officiel après que des informations avaient circulé, affirmant que le stade hôte de la finale était déjà désigné — sous-entendu, en Espagne. Le fait que Gianni Infantino ait dû éteindre l'incendie publiquement montre à quel point le sujet est sensible. Et à quel point le Maroc pèse dans ce dossier.

Rappelons le format inédit de ce Mondial 2030 : une coorganisation entre le Maroc, l'Espagne et le Portugal, avec trois matchs de gala (dont le match d'ouverture) délocalisés en Amérique du Sud — en Argentine, en Uruguay et au Paraguay — pour célébrer le centenaire de la compétition. Un découpage géopolitique qui rend la question de la finale encore plus explosive.

Notre lecture

Il faut appeler les choses par leur nom : Fouzi Lekjaa mène une opération de pression diplomatique et médiatique de haute volée. Et il le fait avec une intelligence politique remarquable.

En posant le débat sur le terrain de l'équité continentale — « l'Afrique a le droit » — le patron du football marocain ne se contente pas de défendre les intérêts de Rabat. Il embarque tout un continent derrière sa candidature. C'est malin, c'est calculé, et c'est diablement efficace. Parce que refuser la finale au Maroc, dans ce contexte, reviendrait symboliquement à dire que l'Afrique n'est pas assez bien pour le match le plus regardé de la planète.

La question n'est plus seulement footballistique — elle est politique, symbolique, et Lekjaa l'a parfaitement compris.

Le Maroc, par ailleurs, n'arrive pas les mains vides. Le pays a lancé la construction d'un méga-stade à Benslimane, entre Casablanca et Rabat, qui ambitionne de devenir l'un des plus grands du monde. Un investissement colossal qui n'aurait aucun sens si l'enceinte ne devait accueillir que des matchs de poules ou un quart de finale. Tout, dans la stratégie marocaine, est construit pour rendre la finale à Casablanca inévitable.

De l'autre côté, l'Espagne dispose du Santiago Bernabéu, fraîchement rénové, flambant neuf, installé dans une capitale européenne ultra-connectée. Madrid coche toutes les cases logistiques. Mais la FIFA de 2025-2030 n'est plus celle des années 2000. L'institution d'Infantino a fait du développement global et de l'inclusion géographique son mantra. Donner la finale à l'Espagne, ce serait choisir le confort. La donner au Maroc, ce serait envoyer un message au monde entier. Et Infantino adore envoyer des messages.

Il ne faut pas non plus négliger le poids politique de Lekjaa lui-même. L'homme n'est pas qu'un président de fédération — il est ministre délégué au Budget du Maroc, membre du comité exécutif de la FIFA, un acteur qui navigue avec aisance entre les palais royaux et les couloirs de Zurich. Quand il parle, ce n'est jamais à la légère.

Ce qu'il faut surveiller

La décision officielle de la FIFA sur le stade de la finale n'a toujours pas été annoncée. Et plus le temps passe sans annonce, plus le Maroc marque des points. Chaque semaine de silence permet à Lekjaa de continuer son travail de sape médiatique et diplomatique.

Surveillez aussi les réactions du côté espagnol et portugais. Pour l'instant, Madrid et Lisbonne restent relativement discrets sur le sujet — ce qui peut signifier soit une confiance tranquille, soit un embarras croissant face à l'offensive marocaine.

Enfin, il faudra observer les soutiens continentaux que Lekjaa parviendra à mobiliser. Si la Confédération africaine de football (CAF) se range officiellement et bruyamment derrière la candidature marocaine pour la finale, le rapport de force pourrait devenir très compliqué à ignorer pour Infantino. La FIFA adore les consensus — surtout quand ils lui évitent de trancher.

Une chose est sûre : le Maroc ne jouera pas les seconds rôles dans son propre Mondial. Lekjaa l'a décidé, et il a manifestement les moyens de ses ambitions.

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