OM : Lorenzi débarque avec carte blanche, Beye vit ses dernières heures
Analyse12 mai 20264 min de lecture

OM : Lorenzi débarque avec carte blanche, Beye vit ses dernières heures

Le feuilleton marseillais touche à sa énième péripétie. L'arrivée annoncée de Grégory Lorenzi à la direction sportive de l'OM s'accompagne d'une certitude cruelle pour Habib Beye : le match face à Rennes dimanche soir ressemble fort à un chant du cygne. À Marseille, on ne fait jamais dans la dentelle quand il s'agit de tourner la page.

Les faits

Grégory Lorenzi, futur homme fort du sportif marseillais, aura les mains libres pour choisir son propre entraîneur. Conséquence directe : la confrontation de dimanche soir entre l'OM et le Stade Rennais devrait être, sauf retournement spectaculaire, le dernier match d'Habib Beye sur le banc olympien.

Le signal est limpide. En confiant à Lorenzi le pouvoir de nommer son coach, la direction marseillaise acte implicitement que l'intérim de Beye — quelle qu'ait été sa durée — n'était qu'un pansement sur une plaie structurelle. L'ancien défenseur brestois, architecte de la belle aventure du Stade Brestois en Ligue des Champions, arrive avec un mandat clair : reconstruire un projet cohérent, à commencer par le poste le plus exposé du club.

Notre lecture

Soyons honnêtes : personne ne peut être surpris. Marseille dévore ses entraîneurs avec un appétit qui relève du trouble alimentaire institutionnel. Habib Beye le savait en acceptant la mission. Tout intérimaire au Vélodrome sait qu'il signe un CDD dont la date de fin est écrite à l'encre invisible — elle apparaît dès que le successeur est trouvé.

À l'OM, un entraîneur intérimaire n'est jamais qu'un garçon d'honneur à un mariage qu'il n'a pas choisi.

Ce qui est plus intéressant, c'est le profil Lorenzi et ce qu'il raconte des intentions du club. À Brest, l'homme a démontré une capacité rare dans le football français : construire dans la durée avec des moyens limités, identifier des profils sous-cotés et les faire progresser. Le transposer dans l'écosystème marseillais — ses passions, sa pression médiatique permanente, son vestiaire de stars — est un pari d'une tout autre nature.

La décision de lui laisser choisir son coach est à la fois logique et révélatrice. Logique, parce qu'un directeur sportif qui hérite d'un entraîneur qu'il n'a pas choisi est un directeur sportif à qui on a déjà coupé un bras. Révélatrice, parce qu'elle signifie que la direction de l'OM accepte enfin de déléguer une partie du pouvoir décisionnel à un technicien du football, plutôt que de tout centraliser dans des mains qui ne connaissent pas forcément le terrain.

Reste la question qui brûle toutes les lèvres : qui ? Quel profil Lorenzi va-t-il aller chercher ? Un tacticien européen rodé aux vestiaires à egos ? Un jeune coach français en pleine ascension ? Un nom ronflant pour satisfaire le storytelling marseillais ? Le choix dira tout de l'ambition réelle du projet — et de la marge de manœuvre qu'on lui accorde véritablement.

Ce qu'il faut surveiller

Le match OM-Rennes de dimanche soir prend une dimension symbolique. Pour Beye, c'est l'occasion — ou non — de partir la tête haute. Pour les joueurs, c'est le premier acte d'une transition dont ils ne maîtrisent rien.

Ensuite, tout ira très vite. La fenêtre de recrutement estivale approche, et Lorenzi devra avoir son homme en place rapidement pour co-construire l'effectif. Chaque jour perdu dans les négociations est un jour de retard sur la concurrence.

Il faudra aussi observer la réaction du vestiaire. Un changement de coach, à Marseille, c'est toujours un moment de vérité : certains joueurs y voient une seconde chance, d'autres comprennent que leur temps est compté. Le nom du futur entraîneur sera un message envoyé autant à l'extérieur qu'à l'intérieur du club.

Enfin, surveillons Lorenzi lui-même. L'homme discret de Brest va entrer dans la lumière la plus violente du football français. La Canebière ne pardonne pas les hésitations. Il a prouvé qu'il savait bâtir. Il devra maintenant prouver qu'il sait résister.

OMGrégory LorenziHabib BeyeLigue 1Mercato entraîneur
Partager