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Coupe du Monde 2026FIFA

TRUMP VOLE AU SECOURS D'INFANTINO : LE FOOTBALL ENTRE COPINAGE ET GÉOPOLITIQUE

Trump défend publiquement Infantino, fragilisé par son projet d'ouvrir la FIFA aux investisseurs privés. Derrière le soutien affiché, un jeu d'influence géopolitique qui en dit long sur l'état du football mondial.

Par Lavar11 AOÛT 20264 min de lectureD'après L'Équipe

Le président des États-Unis s'est publiquement rangé derrière Gianni Infantino, fragilisé par son projet d'ouverture de la FIFA aux investisseurs privés. Un soutien qui en dit long sur les liens entre les deux hommes — et sur l'état du football mondial, devenu terrain de jeu des puissants.

Les faits

Donald Trump a pris la défense de Gianni Infantino lundi soir, estimant que la FIFA commettrait une "terrible erreur" si elle envisageait de remplacer son président. Le contexte est celui d'une polémique grandissante autour du projet d'Infantino d'ouvrir le capital de la FIFA à des investisseurs privés, un virage stratégique qui suscite une opposition croissante au sein même de l'institution. Alors que le patron italo-suisse est candidat à sa propre succession lors de l'élection prévue en mars 2027, cette sortie de Trump intervient à un moment où les critiques se multiplient et où l'avenir du dirigeant à la tête de l'instance mondiale n'a jamais semblé aussi incertain depuis sa première élection en 2016.

Notre lecture

Soyons clairs : quand Donald Trump prend la peine de commenter la gouvernance du football mondial, ce n'est pas par amour du jeu. C'est de la politique, pure et dure. L'alliance entre Trump et Infantino n'est pas nouvelle — elle s'est cimentée autour de la Coupe du monde 2026, attribuée au trio États-Unis/Canada/Mexique dans des conditions qui avaient déjà fait jaser. Depuis, les deux hommes entretiennent une relation de réciprocité qui dépasse largement le cadre sportif.

Ce qui frappe ici, c'est le timing. Infantino est dans les cordes. Son projet de transformer la FIFA en une sorte de holding ouverte aux capitaux privés — une idée qui ferait passer la Super League pour une kermesse de village — a braqué une partie des fédérations et des observateurs. L'homme qui se présentait comme le champion de la démocratisation du football est soudain perçu comme celui qui veut le vendre au plus offrant. Et c'est précisément à ce moment-là que le locataire de la Maison-Blanche sort du bois pour lui offrir un bouclier médiatique.

Quand le président de la première puissance mondiale estime qu'un dirigeant sportif est irremplaçable, la question n'est plus sportive. Elle est politique.

Car il faut bien comprendre ce que cette intervention signifie pour le football. La FIFA est censée être une organisation indépendante, régissant un sport universel. Quand un chef d'État — a fortiori celui du pays hôte de la prochaine Coupe du monde — se mêle ouvertement de la succession à sa tête, on franchit une ligne. C'est un signal envoyé aux fédérations hésitantes, aux opposants potentiels : touchez à Infantino et vous aurez affaire à Washington. Pas directement, bien sûr — mais le sous-texte est limpide.

Le football mondial est devenu un échiquier géopolitique, et Infantino le sait mieux que personne. Il a passé des années à tisser des liens avec les régimes du Golfe, avec la Chine, avec l'Amérique de Trump. Son pouvoir ne repose plus sur le consensus des amoureux du ballon rond, mais sur un réseau d'alliances politiques et financières. Ce soutien trumpien en est la démonstration la plus crue.

Et que dire du fond du sujet ? L'ouverture de la FIFA aux investisseurs privés n'est pas qu'une question de gouvernance interne. C'est un choix de civilisation footballistique. Le football est-il un bien commun, géré collectivement par les fédérations qui le composent ? Ou devient-il un produit financier, dont la valeur se négocie dans des salons climatisés entre fonds d'investissement et dirigeants politiques ? Infantino a choisi son camp. Trump aussi.

Ce qu'il faut surveiller

L'élection de mars 2027 à la présidence de la FIFA est désormais le rendez-vous à ne pas manquer. La question centrale : un candidat crédible osera-t-il se lever contre Infantino ? L'histoire récente de la FIFA montre que défier le président sortant relève du parcours du combattant — Blatter et Infantino lui-même l'ont prouvé, chacun à sa manière.

Il faudra aussi observer la réaction des fédérations européennes et sud-américaines, traditionnellement les plus influentes et les plus rétives aux projets de privatisation. L'UEFA, déjà en tension récurrente avec Infantino, pourrait voir dans cette intervention de Trump une raison supplémentaire de monter au créneau.

Enfin, le sort du projet d'ouverture aux investisseurs privés dira tout. Si Infantino parvient à le faire passer malgré l'opposition, ce sera la preuve que la FIFA est devenue une institution imperméable à la contestation interne. Si le projet est enterré, Infantino sera affaibli — et le soutien de Trump n'y changera rien. Dans le football comme en politique, les alliés de circonstance ne valent que tant que le vent souffle dans la bonne direction.

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