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Coupe du Monde 2026FIFA

UEFA, CONCACAF, AFC : LE FRONT ANTI-INFANTINO EST OUVERT, ET C'EST DU LOURD

L'UEFA, la Concacaf et l'AFC publient une lettre ouverte accusant Infantino de tromperie et envisagent des compétitions intercontinentales sans la FIFA. Une crise institutionnelle sans précédent.

Par Lavar10 AOÛT 20264 min de lectureD'après RMC Sport

Trois confédérations continentales ont décidé de sortir l'artillerie lourde contre le patron de la FIFA. Une lettre ouverte, des accusations de tromperie, et l'esquisse d'un monde parallèle où l'on jouerait sans Gianni. On n'est plus dans la petite guéguerre de couloirs : c'est une crise institutionnelle majeure.

Les faits

L'UEFA, la Concacaf et la Fédération asiatique de football (AFC) ont publié lundi une lettre ouverte dénonçant frontalement les méthodes de Gianni Infantino à la tête de la FIFA. Le mot est lâché sans détour : tromperie. Les trois confédérations pointent du doigt un exercice solitaire du pouvoir, une gouvernance opaque et des décisions prises sans concertation avec les acteurs majeurs du football mondial.

Mais le plus explosif n'est pas dans la dénonciation. Les trois confédérations ont également annoncé réfléchir à la création de compétitions intercontinentales regroupant les équipes de leurs zones respectives. Autrement dit : l'Europe, l'Amérique du Nord/Centrale/Caraïbes et l'Asie envisagent de construire leur propre écosystème compétitif, potentiellement en marge des structures FIFA. C'est une bombe à fragmentation lancée au cœur du siège de Zurich.

Ce front tripartite représente un poids considérable dans le football mondial. L'UEFA, c'est le cœur économique et sportif du jeu. La Concacaf, c'est le continent hôte des dernières et prochaines Coupes du monde. L'AFC, c'est le marché en expansion le plus convoité de la planète football. À eux trois, ils constituent une force que même le président le plus habile ne peut ignorer.

Notre lecture

Soyons clairs : ce qui se passe là n'est pas un caprice de dirigeants vexés. C'est le symptôme d'un système FIFA qui a atteint un point de rupture.

Gianni Infantino gouverne la FIFA comme un monarque éclairé — sauf que l'éclairage est à sens unique. Depuis son élection en 2016, l'homme a multiplié les projets pharaoniques, élargi la Coupe du monde à 48 équipes, créé une Coupe du monde des clubs XXL, le tout en concentrant toujours plus de pouvoir entre ses mains. La méthode ? Distribuer de l'argent aux petites fédérations pour s'assurer leurs votes au Congrès, tout en marginalisant les grandes confédérations dans les processus décisionnels. Un clientélisme institutionnel à peine déguisé.

Quand l'UEFA, la Concacaf et l'AFC parlent de tromperie, ce n'est pas un mot choisi au hasard. C'est un acte d'accusation.

Le fait que ces trois confédérations évoquent ouvertement la possibilité de créer des compétitions alternatives est un signal d'une gravité exceptionnelle. On se souvient de la Super League européenne, avortée en 2021 dans un tollé général. Mais ici, ce ne sont pas des clubs dissidents — ce sont des confédérations entières, des organes officiels du football mondial, qui envisagent de contourner la maison mère. La nuance est colossale.

Et puis il y a la dimension géopolitique. L'alliance entre l'Europe, l'Amérique du Nord et l'Asie, c'est aussi une réponse au tropisme qu'Infantino a développé vers l'Afrique, le Moyen-Orient et certaines fédérations sud-américaines pour asseoir sa majorité. Le football est un sport, mais la FIFA est un parlement. Et dans ce parlement, les lignes de fracture viennent de devenir des failles sismiques.

Ce qui frappe aussi, c'est le timing. On est en plein été 2026, l'année de la Coupe du monde en Amérique du Nord. Sortir une telle charge à quelques mois — ou semaines — d'un événement majeur organisé sur le sol de l'une des confédérations fronde uses, c'est un message limpide : nous ne laisserons plus passer.

Ce qu'il faut surveiller

La réponse d'Infantino sera déterminante. L'homme est un survivant politique redoutable. Il a déjà traversé des tempêtes — enquêtes éthiques, accusations de conflits d'intérêts, critiques sur le Mondial au Qatar — sans jamais vaciller. Mais cette fois, la coalition en face est d'un autre calibre.

Plusieurs scénarios sont sur la table. Le premier : la négociation sous pression. Infantino lâche du lest sur la gouvernance, accorde plus de poids aux grandes confédérations, et la lettre ouverte devient un levier de négociation réussi. Le deuxième : l'escalade. Les trois confédérations passent de la menace à l'acte et lancent effectivement des compétitions intercontinentales autonomes, créant de facto un schisme dans le football mondial.

Il faudra aussi observer la position de la CONMEBOL et de la CAF. L'Amérique du Sud et l'Afrique sont les deux grands absents de cette fronde. Si l'une d'elles bascule, Infantino perdra sa majorité au Congrès FIFA et son trône avec. Si les deux restent fidèles, il pourra tenter de jouer la montre.

Enfin, le nerf de la guerre reste économique. Les droits TV, les sponsors, les revenus de la Coupe du monde — tout cela dépend massivement de l'Europe et de l'Asie. Si ces marchés décident de réorienter leurs flux vers des compétitions alternatives, la FIFA version Infantino pourrait se retrouver avec un empire sur le papier mais un coffre-fort de plus en plus vide.

Le football mondial vient d'entrer dans une zone de turbulences majeures. Attachez vos ceintures.

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