Après des mois de spéculations, de fantasmes et de débats de comptoir devenus débats nationaux, Zinédine Zidane prépare concrètement sa prise de fonction à la tête de l'équipe de France. De Clairefontaine à Bollaert, le programme se dessine. Et avec lui, une nouvelle ère pour les Bleus — celle qu'une génération entière de supporters réclamait depuis des années.
Les faits
Ce qu'on sait, c'est que Zidane a entamé sa préparation en vue de la rentrée des Bleus. Le passage par Clairefontaine, temple historique de la sélection, constitue logiquement la première étape de cette mise en route. La destination suivante sera Bollaert, stade qui accueillera donc un rassemblement ou un match de l'équipe de France dans les semaines à venir.
On est dans le concret, dans l'opérationnel. Plus dans les rumeurs Instagram ou les "Zidane bientôt sélectionneur" qu'on nous servait en boucle depuis trois ans. Le processus est enclenché, et la FFF semble avoir enfin trouvé la formule pour transformer le rêve collectif en réalité sportive.
Notre lecture
Soyons honnêtes : la nomination de Zidane à la tête des Bleus est probablement l'événement le plus attendu du football français depuis… la nomination de Zidane à la tête des Bleus. On tourne en boucle sur ce sujet depuis tellement longtemps que beaucoup n'y croyaient plus. Et pourtant, nous y sommes.
Zidane sélectionneur, c'est la fin d'un psychodrame français et le début d'un autre récit — celui où il va falloir juger l'icône sur ses résultats.
Car c'est bien là que réside le véritable enjeu. Jusqu'ici, Zizou bénéficiait d'un statut quasi-intouchable dans l'imaginaire collectif : le joueur légendaire, le coach triple vainqueur de la Ligue des Champions, l'homme qui attend le bon projet. Maintenant qu'il est aux commandes, la pression change de nature. On ne lui demandera plus pourquoi il ne vient pas — on lui demandera pourquoi il perd, si ça arrive.
Le choix de Bollaert pour cette rentrée n'est pas anodin non plus. Lens, ses tribunes bouillantes, son atmosphère de cathédrale ouvrière du foot… C'est un signal. Zidane ne démarre pas au Stade de France, dans la froideur institutionnelle du 93. Il commence dans un stade qui transpire le football, qui vibre sans avoir besoin de loges VIP. C'est une déclaration d'intention, consciente ou non : cette équipe de France veut retrouver une connexion émotionnelle avec son public.
Parce que soyons lucides : les dernières années des Bleus, malgré les résultats parfois solides, avaient fini par créer une forme de lassitude. Le jeu pragmatique, les polémiques extra-sportives, le sentiment d'une sélection qui fonctionnait en vase clos… Zidane arrive avec un capital sympathie colossal, mais aussi avec la mission implicite de réenchanter le projet. Rien que ça.
Et puis il y a la question du groupe. Quels joueurs ? Quel système ? Quelle hiérarchie ? On ne sait presque rien encore, et c'est peut-être ce qui rend cette rentrée si excitante. Zidane a toujours été un gestionnaire d'ego avant d'être un tacticien révolutionnaire. Au Real Madrid, sa force résidait dans sa capacité à faire cohabiter des monstres sacrés. En sélection, il devra appliquer la même recette avec une génération talentueuse mais pas toujours facile à canaliser.
Ce qu'il faut surveiller
La composition du staff sera le premier indicateur sérieux. Zidane s'entoure-t-il d'anciens fidèles du Real ? Fait-il confiance à des techniciens issus du sérail fédéral ? Les noms qui sortiront dans les prochains jours en diront long sur la philosophie de travail.
Ensuite, la première liste. Chaque nom sera scruté, analysé, débattu. Les absences autant que les présences. Ce sera le premier acte politique de Zidane sélectionneur — celui où l'on comprendra s'il assume des choix forts ou s'il joue la continuité.
Enfin, l'accueil du public à Bollaert. Si le stade s'enflamme, si la communion est immédiate, alors Zidane aura déjà gagné la première manche — celle de l'émotion. Et dans le football français, l'émotion, c'est souvent le carburant qui manque le plus.
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